Résumé

Auguste Roussel Le 18e bataillon (de la garde nationale… (1871)

Heureusement il est alerte, de sang-froid et de bonne humeur ; il fait boule et aussitôt debout que tombé, il blague (qu'on me passe le mot) sa mésaventure, crie : En avant ! et remet tout le monde en cœur et sur pied, non sans faire réflexion que la boue a du bon, car par la gelée il se fût brisé au moins une demi-douzaine de côtes.
Enfin nous y voilà ! Chaque homme est à son poste de combat. Il tend l'oreille et fixe l'œil. Son imagination travaillant au milieu des fantômes de la nuit grandit les herbes qui frôlent sous le vent.
Source : Gallica

Auguste Roussel Le 18e bataillon (de la garde nationale… (1871)

Brusque d'allures, il cache son bon cœur sous les saccades de sa voix, qu'il grossit méchamment quand, un peu lent lui-même à l'appel, il en surprend de plus attardés que lui. Mais cette contrainte ne dure pas, et bientôt son rire éclate large et sonore, narguant la fatigue et l'ennemi. Habile au négoce, il ne l'est pas moins à la chasse, et en attendant un gibier plus sérieux, il n'était pas rare de le voir en notre campement jeter son plomb aux moineaux bavards ou à la troupe noire des voraces corbeaux.
Source : Gallica

Auguste Roussel Le 18e bataillon (de la garde nationale… (1871)

A côté de nous, dans une redoute préparée pour l'artillerie, des ouvriers du génie travaillaient. Nous leur empruntons pelles et pioches, et bientôt, à force de bras, chaque escouade se prépare un lit immense où l'on s'enfoncera tout à l'heure à l'abri de la tente que l'on s'empresse de dresser sur de longs piquets. Tout cela ne va pas sans mésaventures, que chacun accueille par des rires sonores. Ainsi en fut-il dans notre escouade; après un labeur immense dans une terre trop friable, tout à coup un éboulement se
produit.
Source : Gallica

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