Maurice Beaubourg

Résumé

Maurice Beaubourg Le jeu de la "Madame malade" (1926)

Malheureuse!... fit M. Médéri navré... Ne vois-tu pas que tu ne peux pas pondre dans une mangeoire à pigeons!... Pourquoi es-tu si bête?... Pourquoi?
Mais la Noire redélaissant la mangeoire, s'efforçait de passer à travers le grillage de la basse-cour, comme si, oubliant toute mesure, elle rêvait d'aller pondre là-haut sur la cime à ombelles du sorbier aux oiseaux de la pelouse.
Et il s'aperçut qu'au cours de ses vols pour y atteindre, la forme de l'œuf, qu'il avait déjà cru sentir tout à l'heure, sous le duvet ténébreux de la poule, s'estompait.
Source : Gallica

Maurice Beaubourg Le jeu de la "Madame malade" (1926)

M. Médéri courut au galop, au triple galop, avec l'œuf en plâtre, son dernier viatique, son suprême espoir.
Et saisissant en une rage contenue la poule piaulante, hurlante :
— Vas-tu te taire, enfin!. Coquine!... Gredine!... Vas-tu te... Vas-tu... fit-il le lui infiltrant de force sous l'abdomen, comme son voisin le lui conseillait.
Mais voici que revenant à des sentiments — dirai-je plus humains? — à la vue de cet œuf si bien imité et où se trouvait encore l'étiquette, la Noire, le poussant du bec, le considéra un instant d'un œil rond, où le soleil dardait d'agréables petits triangles.
Source : Gallica

Maurice Beaubourg Le jeu de la "Madame malade" (1926)

Jamais le vrai, le bien, le juste n'en sortiront davantage que les grelots ne sortent des hochets des fous et des enfants !.. Jamais ils ne se répandront comme des fleurs de douceur sur cette terre rajeunie !... Et mon seul drapeau, le drapeau que je réclame, croyant transformer l'univers, ne sera jamais qu'un cadavre, le cadavre d'une vieille poule, d'une vieille Houdan, qu'en cherchant à m'élever au-dessus de mes frères j'ai tuée comme mes frères tuent !...
Source : Gallica

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