Michel Villemont

Résumé

Michel Villemont L'amour conjugal (1882)

Si ces deux jeunes filles sont distinguées par des signes essentiels que l'on observe dans leur corps, elles ne seront pas moins différentes par les diverses passions qui occupent leur âme.
La fille sanguine bilieuse est de son naaturel agissante et légère, hardie et enjouée, inquiète et inconstante ; elle chante, elle danse, elle folàtre toujours, jamais en repos, toujours badine. L'amour paraît à découvert dans ses yeux et sur son visage, comme il est dans le cœur; enfin, c'est la sincérité même et la candeur. Que si un homme lui plaît, d'abord elle s'engage à l'aimer.
Source : Gallica

Michel Villemont L'amour conjugal (1882)

L'âge nous rend plus inconstants que tout ce que nous avons dit. Dans notre enfance, nous voulions ce que nous abhorrons présentement dans un âge plus avancé, et notre vieillesse ne peut supporter le souvenir des faiblesses de nos premières années: si bien qu'il y a des plaisirs et des haines de tout âge. Bien plus, nous changeons tous les ans, tous les mois, toutes les semaines, et même tous les jours : de sorte qu'il ne faut pas s'étonner si notre âme est si chancelante, puisqu'elle se sert de notre sang et de notre tempérament pour faire ses plus belles actions.
Source : Gallica

Michel Villemont L'amour conjugal (1882)

Toutes ces légères inclinations n'empêchent pourtant pas qu'elle n'ait meilleure grâce et moins de contrainte que l'autre : et, quoiqu'elle soit fort enjouée et fort libre au dehors, elle est pourtant fort modeste et fort retenue au dedans. Ce n'est pas une gaieté de malade qui rit en mourant, et qui est un signe des ordures qui l'ont excitée. Sa joie et son enjouement marquent la tranquillité de son esprit, le repos de son âme, la sagesse et la vertu, qui ne se lient jamais qu'avec l'innocence et la simplicité : et, si elle est facile à persuader, elle est assurément fort difficile à prendre.
Source : Gallica

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