Résumé

Népomucène-Louis Lemercier D'une opinion de M. de Châteaubriand dans le "Conservateur"… (1818)

M. de Châteaubriant a raison d'assurer que les lois nous disent : Respectez le bien d'autrui; mais sur quoi nous affirme-t-il que les intérêts nous disent : Prenez le bien d'autrui? C'est pour nous faire conclure que la morale qu'ils inspirent est anti-sociale; c'est pour en tirer des arguments contre nos vices, qu'il désigne comme levier politique de la civilisation actuelle. Il ne songe pas qu'en prêtant cette horrible maxime aux intérêts, il fait parler l'état de nature brute, l'état sauvage où tout devient la proie d'un instinct aveugle et farouche.
Source : Gallica

Népomucène-Louis Lemercier D'une opinion de M. de Châteaubriand dans le "Conservateur"… (1818)

Est-ce à de telles frénésies que va la morale des devoirs? Ah! la continuité des actions nobles et belles ne fut jamais le produit des transports exaltés, mais du calcul fortement intéressé d'une souveraine raison, qui pèse la valeur des sacrifices tant pour nous que pour les autres, et qui nous maintient dans la résolution d'être humain et juste. Ce calcul nous prouve qu'en somme la vertu, même dans les revers, a plus d'avantages que le vice dans les prospérités, et que, si la nature ne nous a pas faits bons par sentiment, nous devons faire le bien pour notre propre intérêt.
Source : Gallica

Népomucène-Louis Lemercier D'une opinion de M. de Châteaubriand dans le "Conservateur"… (1818)

Heureux encore que vous n'imputiez pas injustement à la morale des intérêts l'infamie d'avoir voulu cumuler le profit exécrable des confiscations ! En résumé, sous les dix du comité de salut public, vous n'excusez que le fanatisme : sous l'empire, vous n'excusez que le despotisme. N'espérez donc
point que le peuple français vous écoute, puisque le plus grand de ses intérêts, c'est de repousser courageusement, c'est d'anéantir, s'il le peut, les fanatiques et les despotes.
Source : Gallica

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