Résumé

P. Scudo La Musique en province, Lettre au directeur de la Revue des Deux Mondes

Ne voit-on pas, à partir de Philippe-Auguste et de saint Louis, tous les grands hommes d’état, tels que Louis XI, Henri IV, Richelieu et Louis XIV, s’efforcer de souder ensemble les différentes parties qui composent le territoire de la France avant la révolution de 1789 ? On pourrait affirmer que cette admirable unité de sol, de lois et de mœurs qui caractérise la France moderne est moins le résultat arbitraire de la politique qu’un fruit naturel de la race, et même qu’un développement régulier de la civilisation de l’esprit humain.
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Quoi qu’il en soit de ces hautes considérations, il est un fait constant qui frappe tous les étrangers : Paris est à la France plus que Londres n’est à l’Angleterre, plus qu’aucune capitale de l’Europe n’est au pays dont elle dirige les destinées. Ce n’est pas seulement le siège du gouvernement, d’où vient l’impulsion de la vie politique ; c’est vraiment le laboratoire de la civilisation nationale.
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La musique est de tous les arts celui qu’on cultive avec le plus de succès en province. Il ne s’y produit pas plus de compositeurs que de peintres ou d’écrivains originaux ; mais on y aime beaucoup la musique dramatique, particulièrement le genre de l’opéra-comique, et on commence à goûter aussi depuis quelque temps l’art plus élevé des Haydn, des Mozart et des Beethoven, des succursales du Conservatoire de Paris existent à Marseille, Toulouse, Lille, qui témoignent au moins de la bonne volonté de l’autorité pour un art éminemment pacifique et sociable.
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