Paul Flamant

Résumé

Paul Flamant,  Le coeur qui chante ! (1937)

“ Herr Jérémias, disait Frida, venez donc voir la belle couronne pour Mozart.
Etendue sur une table du gasthaus, la couronne était là, toute verte, sentait bon le sapin, et nouée d'un ruban magnifique, où on lisait ces mots: « Hommage au génie du grand Maître ».
Le vieux touriste huma, un instant, la saine odeur de la montagne, qui s'exhalait de ses branches tressées; puis, silencieux, il se mit à songer au temps béni de sa jeunesse, où, pèlerin enthousiaste, lui aussi, il allait fleurir, dans les vieilles cités, les gloires d'un Gœthe, d'un Dürer, d'un Hans Sachs...
”
Source : Gallica

Paul Flamant,  Le coeur qui chante ! (1937)

“ Si beau... si fier... mais si froid !... si farouche avec son Untersberg et ses nains ! Cependant, j'espère qu'ils ne viennent plus vous importuner, depuis que nous sommes ici, vos « petits hommes » !
Et, comme le Tyrolien ne protestait pas, elle lui souffla, soudain, au visage, ce défi jaloux :
— Hier soir, au clair de lune, je vous ai entendu chanter avec le vieux Jérémias, au bord du lac, votre lied de la Légende des soirs d'or... Et Frida, dans sa cuisine, pleurait, pleurait !... Ah ! la sotte enfant et le naïf Rudolph !
”
Source : Gallica

Paul Flamant,  Le coeur qui chante ! (1937)

“ Oui, Mozart fut plein de sourires ! Jérémias ne pouvait le contester.
Otto, en partant pour Salzbourg, avait oublié dans la chambre du lac, sa petite maison à musique; et le vieux touriste s'était saisi jalousement de l'inestimable trésor, dont les carillons enchantaient à présent la quiétude de ses nuits.
Il ne s'était confié de sa trouvaille à personne, se contentant d'en jouir en égoïste.
La serinette désensorcelée ne tarissait plus !... Le cœur de Mozart, blotti au fond de sa petite maisonnette lui soupirait ses plus jolies ariettes: c'était Don Juan qui chantait à la fenêtre
”
Source : Gallica

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