Résumé

Paul Huvelin Revue des Deux Mondes

Tandis que les Libyens, les Espagnols, les Gaulois, les Numides d’Hannibal se battent par goût de l’aventure, par discipline, parce qu’ils subissent l’ascendant du chef, les Romains et leurs alliés se battent, en outre, et avant tout, pour leur patrie et leurs foyers. Aussi sont-ils résolus à vaincre ou à mourir.
L’esprit civique de Rome, surtout après Cannes, ne le cède pas à son esprit militaire. Il est fait de dignité, de gravité, d’abnégation et de persévérance. Ces qualités se retrouvent chez tous les citoyens. Ils n’ont qu’une volonté et qu’un cœur.
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Somme toute, la lutte de l’Italie contre Hannibal ressemble à la lutte d’une coalition contre un adversaire unique. La coalition, si riche qu’elle soit en hommes et en ressources, tire rarement de ses avantages le meilleur parti.
Mais, malgré toutes ces causes de faiblesse, Rome ne peut pas succomber. Il y a en elle un principe de force qui prime tout. Rome doit remporter la victoire, et elle la remporte, parce qu’elle dispose d’énergies morales et de richesses matérielles supérieures à celles de l’ennemi.
Au point de vue moral, il faut d’abord louer l’esprit militaire des Romains.
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Parce que les Barcas voulurent la ruine de Rome, parce que leur haine coordonna, soutint, anima tous les épisodes du guet-apens, parce que leur personnalité impérieuse se mêla aux hasards des choses et leur imprima un sens, la seconde guerre punique apparaît, non comme un cataclysme désordonné, mais comme une œuvre d’art, non comme un conflit chaotique d’intérêts aveugles, mais comme un drame puissamment conçu et supérieurement monté. Du drame elle a l’harmonie, la logique, la terreur sacrée et la grande pitié ; et l’intérêt s’y surexcite de crise en crise jusqu’à la catastrophe finale.
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