Albert Réville

Albert Réville

Résumé

Portrait de Albert Réville Albert Réville Les guerres puniques

Le grand, l’énorme défaut du génie carthaginois, ce manque de pouvoir assimilateur que Rome posséda à un si haut degré et qui seul explique la durée de son empire, eût toujours empêché la civilisation carthaginoise d’exercer l’action en définitive bienfaisante que le génie romain fit rayonner partout où il domina. Ce n’est pas Carthage qui aurait pu donner au monde une langue commune, des lois, des institutions, et surtout cet esprit de grande civilisation qui survécut aux invasions et ramena la civilisation elle-même après une longue éclipse.
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Portrait de Albert Réville Albert Réville Les guerres puniques

En tout temps, en tout lieu, les préparatifs de défense coûtent fort cher, ne rapportent rien, seront peut-être inutiles, et de tous les spectacles qui peuvent affliger les regards d’un peuple calculateur, le plus lugubre est toujours celui d’un capital qui dort sans rien produire. Probablement on comptait sur une heureuse issue de la guerre en Italie. On se rappelait la défaite de Régulus. On se disait que les Romains, à supposer qu’ils parvinssent à triompher d’Hannibal, seraient trop heureux de conclure la paix sans s’aventurer de nouveau sur une terre qui leur avait été funeste.
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On voit même, qu’en plus d’un endroit, en Sicile entre autres, les populations indigènes ou de sang hellène préférèrent plus d’une fois le régime carthaginois à celui que les Romains voulaient leur imposer. D’autre part, il n’est pas moins certain qu’en règle générale le Carthaginois ne sut pas se faire aimer. Il ne parvint à s’assimiler aucune des populations qu’il s’assujettit par l’intérêt ou par les armes. Une défiance invétérée empêcha toujours les peuples sollicités à s’allier avec lui, d’unir leurs efforts aux siens pour une action commune et persévérante.
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