Résumé

Paul Louvet La vie de Nostradamus (4e édition… (1930)

Trois fois Nostradamus répéta son invocation à l'Éternel. Et il balançait lentement le miroir, de la main droite, au-dessus du réchaud d'où montait la fumée odorante du safran. Quand sa prière fut terminée, il souffla trois fois sur le miroir et dit encore :
Venez, Anaël, venez, et que ce soit votre bon plaisir d'être en moi par votre volonté, au nom du Père Tout-Puissant +, au nom du Fils très sage +, au nom du Saint-Esprit très aimable +. Venez, Anaël, au nom du terrible Jéhovah. Venez, Anaël, par la vertu de l'immortel Elohim. Venez, Anaël, par le bras du tout-puissant Mitta-tron.
Source : Gallica

Paul Louvet La vie de Nostradamus (4e édition… (1930)

Ses poumons s'emplissent de l'air rustique et pur qui balaie les miasmes respirés dans les chambres puantes des malades. Mais cet air lui-même est empoisonné : il charrie la fièvre maligne que la funeste conjonction des astres a répandue sur la Provence.
Comme une bête enragée, la peste suit le cours des rivières, et Nostradamus va la chercher là où il sait la trouver, car il entend bien se colleter avec elle, mais cette fois seul à seul, libre de ses actes, et n'en devant rendre compte à personne.
Pendant quatre ans, il vivra au milieu des pestiférés, comme un damné dans un enfer.
Source : Gallica

Paul Louvet La vie de Nostradamus (4e édition… (1930)

Nostradamus travaille dans la joie. Il sait qu'il y a dans sa demeure une dame jolie qui tourne sa quenouille en pensant à lui, il entend le murmure de sa robe passer derrière la porte, et, le soir, quand il est las d'avoir tant réfléchi durant la journée, son fils lui grimpe aux genoux et accroche ses doigts dans sa longue barbe bouclée, cependant que la remueuse chante quelque lente complainte pour endormir sa petite fille.
Que pourrait-il souhaiter de plus ? les plus grands biens de ce monde ne sont-ils pas justement l'amour, l'amitié, la considération d'autrui et l'aisance ?
Source : Gallica

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