Paul Privat-Deschanel, Revue des Deux Mondes
“ Alors, dans l’après-midi qui s’avance, les mirages se lèvent. Tout tremble autour de la caravane. L’air frissonne, la terre travaille, et au loin, devant l’œil halluciné, s’allongent de solitaires étangs. Cependant le soleil descend. Dans l’atmosphère sèche, son globe dessine une circonférence précise. On dirait un gros ballon de cuivre, qui tomberait là-bas, derrière l’horizon, dans un grand trou vide, à côté de la terre. Et puis, la nuit s’abat brusquement, bleue et transparente. Le silence devient plus solennel sous les étoiles immobiles ; et, sans un mouvement, le désert s’endort. ”
