Paul Privat-Deschanel

Résumé

Paul Privat-Deschanel Revue des Deux Mondes

Alors, dans l’après-midi qui s’avance, les mirages se lèvent. Tout tremble autour de la caravane. L’air frissonne, la terre travaille, et au loin, devant l’œil halluciné, s’allongent de solitaires étangs.
Cependant le soleil descend. Dans l’atmosphère sèche, son globe dessine une circonférence précise. On dirait un gros ballon de cuivre, qui tomberait là-bas, derrière l’horizon, dans un grand trou vide, à côté de la terre.
Et puis, la nuit s’abat brusquement, bleue et transparente. Le silence devient plus solennel sous les étoiles immobiles ; et, sans un mouvement, le désert s’endort.
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Paul Privat-Deschanel Revue des Deux Mondes

Mais le plateau s’arrête net ; une large vallée est devant nous. C’est la vallée de l’Oued-Mzab. Voici l’oasis verdoyante de Beni-Isguen, le bruit enchanteur de l’eau qu’on tire des puits, des bêtes, des hommes, du mouvement, des maisons éparses sur le sable, et les quatre villes, Béni-Isguen, Mellika, Ghardaïa et ses deux tours, et en haut Bou-Noura, l’étincelante, qui étincelle en effet aux derniers rayons du soleil, toute rougissante au-dessus de l’ombre qui envahit la vallée.
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Paul Privat-Deschanel Revue des Deux Mondes

On n’ose pas élever la voix ; on se tait dans la grande paix des choses.
Durant ces trois mortelles journées, où l’on somnole, assoupi de chaleur et de silence, au pas berceur des chameaux, la même plaine défile à nos yeux, uniforme et pareille. Pas un accident de terrain, pas une aspérité, pas une dune, pas un oued ; rien que le plateau, parsemé de galets noirs, dans un horizon circulaire comme celui de l’Océan. A peine çà et là, entre les pierres, quelques maigres chardons, minuscules plantes bleues, rigides et métalliques et qui semblent des plantes de fer.
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