Résumé

Bernard d’Harcourt Une Colonne d’expédition dans le désert

Il n’en est pas moins dans le désert la providence du voyageur. On dirait qu’il a conscience des services qu’il rend lorsqu’on le voit calme et majestueux poser avec lenteur son large pied sur le sable brûlant. Il se sent chez lui, il est véritablement le maître, je dirais presque le roi du désert. A quoi donc doit-il cette royauté que son extérieur ne justifie guère? A la précieuse faculté qu’il a de marcher plusieurs jours sans boire. N’étant pas obligé de porter pour lui-même une provision d’eau, il porte celle des autres
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Bernard d’Harcourt Une Colonne d’expédition dans le désert

L’animal partait-il au trot en secouant durement son cavalier et l’entraînait-il dans quelque touffe de tamaris, c’étaient alors de toutes parts des cris de joie, des éclats de rire, que venaient encore surexciter les plaintes du patient. Un homme perdait-il l’équilibre, l’hilarité redoublait, et les plaisanteries de ses camarades pleuvaient sur lui du haut de tous les chameaux voisins. Les chutes étaient heureusement sans danger sur le sable. On riait encore à minuit, lorsque tout à coup on entendit dans le lointain des bêlemens de moutons. On se crut enfin en présence des tentes ennemies.
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Bernard d’Harcourt Une Colonne d’expédition dans le désert

En arrivant au bivouac, chacun sait ce qu’il doit faire; le service marche mieux et plus vite, tout le monde y gagne.
La seconde journée de marche fut une des plus gaies. Nous traversions une interminable plaine d’alfa. L’alfa est une plante dont la couleur et l’apparence rappellent les petits joncs qu’on trouve en France dans les terrains marécageux; mais elle montre en Algérie des instincts bien différens : elle a horreur de l’eau. L’alfa croît en touffes épaisses, et soulève par ses racines la terre qui l’environne de manière à former un petit monticule.
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