Philippe Chaperon

Résumé

Philippe Chaperon Nouvelles parisiennes (1883)

M. et madame Charmose allaient fréquemment le voir jouer : c'était une partie de plaisir pour tous les deux. Souvent aussi, Roseline s'y rendait seule et passait sa soirée, blottie dans l'ombre d'une baignoire, suivant des yeux son amant et se prenant parfois à frissonner, lorsqu'il jouait une scène d'amour. Aussitôt, elle montait dans sa loge, durant l'entr'acte, et, se jetant à son cou, elle lui disait : « Jure-moi que tu n'aimes aucune des femmes avec qui tu joues! » Lajardie l'embrassait en l'appelant
« folle » ou « bêtasse »
Source : Gallica

Philippe Chaperon Nouvelles parisiennes (1883)

Maquerin descendit du lit, et, allant à la fenêtre, il écarta sans bruit le rideau et regarda.
En face de lui, s'étendait un vaste jardin abandonné, tout clos de murs, et séparé seulement de la rue Haxo par une grille, basse. A cette heure, et sous les pâles clartés de la lune, l'aspect de ce jardin était sinistre. Ce n'était qu'un immense fouillis de verdure inculte où les branches vivaces poussaient en tous sens, où l'herbe croissait, haute et touffue, cachant les sentiers. Au milieu, une vasque ronde et sans eau s'ouvrait, béante, et près d'elle tremblottait
un saule pleureur.
Source : Gallica

Philippe Chaperon Nouvelles parisiennes (1883)

Sans qu'elle s'en rendît bien compte elle-même, elle était devenue véritablement amoureuse de Georges de Latone — on ne joue point impunément avec le feu — et la fermeté de convictions du jeune homme, loin de la froisser, lui donna de celui-ci une idée plus haute encore. S'il avait renié ses opinions pour l'amour d'elle, elle l'eût souverainement méprisé : or, il est rare qu'une femme puisse aimer un homme qu'elle méprise ; elle aimerait plutôt un homme qu'elle hait.
L'embarras pour Adryane, c'était d'avouer la vérité au marquis de Tournoisis.
Source : Gallica

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