Victorine Brocher,
Souvenirs d’une morte vivante
“ Je marche dans la rue comme si j’étais ivre, ne sachant où diriger mes pas, je vais toujours, longeant le glacis, lorsque je rencontre à ma gauche une petite rue, aboutissant à la rue Haxo ; je m’y engage, là, d’instant en instant, des horreurs se passent devant mes yeux, et inconsciemment je regarde des tas de cadavres gisant au milieu de la rue ; des soldats, leurs fusils en faisceaux, l’insulte à la bouche, brutalisent les rares passants. ”
