Philothée O’Neddy

Philothée O’Neddy

Résumé

Portrait de Philothée O’Neddy Philothée O’Neddy Feu et flamme

Et peut-être ne suis-je pas tout-à-fait indigne d’être nommé votre frère. — Comme vous, je méprise de toute la hauteur de mon âme l’ordre social et surtout l’ordre politique qui en est l’excrément ; — comme vous, je me moque des anciennistes et de l’académie ; — comme vous, je me pose incrédule et froid devant la magniloquence et les oripeaux des religions de la terre ; — comme vous, je n’ai de pieux élancements que vers la Poésie, cette sœur jumelle de Dieu, qui départ au monde physique la lumière, l’harmonie et les parfums ; au monde moral, l’amour, l’intelligence et la volonté !
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Portrait de Philothée O’Neddy Philothée O’Neddy Feu et flamme

Qui fait pleurer les rois dans leur alcove immonde,
Que nous verrons un jour le seul culte du monde,
Ce nom de bronze, Liberté !...
Lorsque, tout grandiose, il vibre à mon oreille,
Ma fougue de poète en sursaut se réveille,
D’héroïques éclairs jaillissent de mon œil,
Ma main veut s’appuyer sur le pommeau d’un glaive,
J’ai des frissons de gloire, et mon front se relève
Couronné d’un joyeux orgueil !
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Portrait de Philothée O’Neddy Philothée O’Neddy Feu et flamme

Un cœur qui sait aimer est la plus riche offrande
Dont on puisse jamais décorer mon autel. –
Et, du regard de Dieu légèrement froissée,
La porte du ciel s’ouvre : et, d’une aile insensée,
Le jeune esprit se plonge en l’éther spacieux :
A plein vol il descend, plus prompt que la pensée,
Vers un orbe lointain qui fascine ses yeux.
Autour de lui déjà les brises de la Terre
De leur grande harmonie apportent le mystère :
Son pied rase des monts le nébuleux cimier ;
Et, sous le ciel créole, en un parc solitaire,
Il se jette invisible aux feuilles d’un palmier.
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