Pierre Blanchard

Résumé

Pierre Blanchard Le naufrage ou L'ile déserte (1841)

Hélas ! le pauvre Philippe n'avait pas de pire ennemi que lui-même. Au lieu de se résigner avec courage à ce qu'il savait être inévitable, et de remplir ses devoirs, de manière à s'attirer les égards de tout l'équipage, au lieu de chercher à adoucir par sa bonne conduite la haine du comte, il se laissa tellement aigrir par le désir de la vengeance, que ni la crainte ni les menaces ne pouvaient ni l'effrayer ni l'adoucir. Le malheur et la souffrance ne faisaient que le rendre plus furieux et plus désespéré
Source : Gallica

Pierre Blanchard Le naufrage ou L'ile déserte (1841)

Il pleurait et il riait tour à tour, au point que les gens du canot protestaient que ce jeune Français était l'homme le plus singulier qu'ils eussent jamais eu l'honneur de conduire.
« O mon cher oncle mon héroïque capitaine ! vous verrai-je encore ? » s'écriait-il, comme les matelots cessaient de ramer, ayant atteint l'arrière du vaisseau. Dans un instant, il fut sur le pont de l'Achille , à l'extrême surprise des officiers et de l'équipage.
Le bruit qui se faisait sur le pont y attira le baron d'Ermincourt, qui n'eut que la force de s'écrier : « Cela peut-il être? est-il possible? »
Source : Gallica

Pierre Blanchard Le naufrage ou L'ile déserte (1841)

C'était Philippe Merville.
Les deux ennemis se regardèrent fixement l'un l'autre en silence ; chacun étonné de ce que le ciel avait sauvé son ennemi : tous deux touchés des traces de souffrances empreintes sur leurs visages.
Le moment était favorable ; un sourire de paix et de bienveillance, un regard de compassion et d'amitié réunissaient ces coeurs aigris; la parole de la réconciliation était sur leurs lèvres; une fausse honte, un cruel amourpropre l'y retinrent enchaînée.
Source : Gallica

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