René Boylesve

René Boylesve

Résumé

Portrait de René Boylesve René Boylesve Le bel avenir (1918)

Elle contait, bonnement, ses tracas maternels, les départs matinaux d’Alex, la bougie, la barbe, le son des cloches de Saint-Sulpice, maître Enguerrand de la Villataulaie, les déjeuners de procédure, puis la grippe de la triste saison, le grabat improvisé de cet infortuné M. Thémistocle, et la voix zézayante du malade, et les noms de l’Orient enchanteur qui s’échappaient de sa longue moustache bleue, le soir... On l’écoutait d’une oreille distraite; on affectait de ne la pas entendre; ou bien quelqu’un de spirituel lui demandait si elle avait lu la Vie de Bohème.
Source : Gutenberg

Portrait de René Boylesve René Boylesve Le bel avenir (1918)

Paul ne flânait jamais. «Flâner» était le terme dont elle censurait la conduite d’un homme qui se transporte d’un lieu à un autre où ses travaux l’appellent, par tout chemin qui n’est pas la ligne droite. Et lorsque Alex quittait, un instant, ses amis, pour venir saluer ces dames, madame Chef-Boutonne l’accueillait, ici, avec une ironie moins dissimulée que partout ailleurs, et qui, parfois, blessait, non pas Alex, à la vérité, mais sa mère.
Source : Gutenberg

Portrait de René Boylesve René Boylesve Le bel avenir (1918)

Dans la demi-nuit volant d’allées en pelouses et que tachait, seule, blanc fantôme, la jeune femme de marbre qui veille au pied du socle de Watteau, Raymonde, de loin, discernait Alex, Alex, grand, élégant, léger, avec son chapeau de paille «canotier» et ses moustaches longues, aussi plus claires que la nuit. Alors son cœur battait, un trouble affreux l’envahissait; elle se croyait déjà au delà de la mort, parmi les ombres silencieuses et dans un jardin de rêve et de beauté; elle portait pour toujours sous son cabas une maternité secrète
Source : Gutenberg

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