Résumé

Renée Dunan  Baal ou la magicienne passionnée

Je ne voyais plus la sorcière, mais le cœur me sauta subitement dans la poitrine, et une émotion inconnue me secoua toute.
En deux secondes, sans que rien décelât comment cela se passait, je vis la fonte décorée du balcon lointain se briser comme du plâtre. La femme en rose parut s’effacer, mais je la retrouvai soudain tourbillonnant plus bas, et tombant... tombant... Je crus entendre en moi le choc, pourtant non perçu, de ce corps humain se brisant sur la terre. Et presque aussitôt, comme j’étais appuyée au mur, devant moi, à moins d’un mètre, le balcon de Palmyre craqua.
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Renée Dunan  Baal ou la magicienne passionnée

Palmyre reprit :
— Songe que le volume qui est la section d’un plan par une surface à quatre dimensions est, humainement, un plan — c’est le miroir — et en même temps un volume, c’est-à-dire un fragment d’espace limité par l’extension imaginative d’une pensée humaine obéissant à la durée. Sa troisième dimension n’est pas terrestre.
— Mais que vient faire là notre « galant », l’individu de l’autre monde qui veut vous prendre comme ferait un homme. Comment la notion d’amour passe-t-elle sans changement hors des réalités concevables ?
— Renée, tu accumules trop de questions.
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Renée Dunan  Baal ou la magicienne passionnée

Palmyre éclata de rire.
— Le Bien ! le Bien ! Qui sait ce qu’il est. Il advient que le mal moralise. Le bien jamais. Il rend orgueilleux et l’orgueil est peut-être, de tous les maux moraux, le pire. L’orgueil tend à devenir acte, c’est-à-dire domination, c’est-à-dire malheur. C’est le plus beau, le plus lourd, le plus coloré des fruits du Bien que le Mal.
Je murmurai :
— Alors, le mal est bon ?
— Parfois, Renée. Il y a dans le mal une humilité qui le sauve.
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