Yves Gandon

Résumé

Yves Gandon Le métier d'homme (1943)

Germaine, le visage oint d'une brise légère, sourit à la nuit pleine d'astres. Elle y voyait la fine moustache brune, l'œil gris et qui se posait sur elle avec tant de douceur, la silhouette élancée, bien prise dans la jaquette noire, d'Albert Toustain. C'était le premier jeune homme qui trouvât grâce aux yeux de sa cousine. Celle-ci reprenait :
— D'abord, c'est un garçon bien élevé. Ce n 'est pas de lui qu'une jeune fille pourrait jamais craindre une parole incorrecte. Et puis, c'est un homme intelligent, avec qui on n'a pas le temps de s'ennuyer.
Source : Gallica

Yves Gandon Le métier d'homme (1943)

Ils allèrent aussi plusieurs fois au cinéma. Si gaie de son naturel et d'un caractère si facile, Malou affichait une prédilection singulière pour les films dramatiques, où les fatalités de la passion déchaînent les pires catastrophes sur les héros les plus dignes d'intérêt. Aux passages les plus émouvants elle inclinait la tête sur l'épaule de Paul, lui pressait la main avec fièvre, et le jeune homme l'entendait dans l'ombre respirer très fort. Au demeurant le spectacle, du commencement à la fin, n'était guère pour eux qu'un prétexte, une trame où broder à loisir leurs variations personnelles.
Source : Gallica

Yves Gandon Le métier d'homme (1943)

Assez, je t'en supplie ! cria Germaine. Mais la rancune de Marguerite, contenue depuis plus de vingt ans, interminablement ressassée dans cette ferme de la Pointe Noire isolée au milieu des labours, crevait maintenant comme une poche de pus. Germaine recevait l'affreuse révélation que sa cousine avait toujours été jalouse d'elle, jalouse de sa beauté, de son mari, de son fils, de son bonheur. Faire épouser Thérèse par Gérard, c'eût été pour elle comme une tacite revanche. La mort du jeune homme, en ruinant son projet, avait débridé en elle cette haine recuite qui éclatait au grand jour.
Source : Gallica

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