Édouard Cavailhon

Résumé

Édouard Cavailhon Les sportsmen pendant la guerre… (1881)

On parvint à grand'peine à garrotter le pauvre fou. Il se croyait pris par l'ennemi, et se tournait vers les hommes qui le maintenaient, en criant comme pour les narguer :
– Vive la France !
A ce coup d'oeil poignant, Franchetti se tourna vers le brigadier Grimault, qui se trouvait auprès de lui, et lui dit avec des larmes dons la voix :
– Encore une victime de cette triste guerre !
Le commandant des volontaires, si brave dans le feu de l'action, si dévoué à l'idée de la patrie, avait au repos la douceur et la sensibilité exquises d'une femme d'élite.
Source : Gallica

Édouard Cavailhon Les sportsmen pendant la guerre… (1881)

Franchetti, ayant Grimault à sa gauche, descendit au pas par un chemin creux longeant la Marne. Un obus vint passer avec un sifflement sinistre au-dessus de sa tête, et tua deux artilleurs à ses côtés.
Grimault eut la douleur d'entendre son commandant s'écrier :
– Ets-ce que ma bonne étoile m'abandonnerait. Je suis blessé ! Oh ! ce n'est rien.
Un des éclats de l'obus avait frappé la cuisse droite du cheval de Franchetti, il n'avait fait que l'entailler et était venu en ricochant frapper la héros de la défense de Paris. Il avait la cuisse brisée.
Source : Gallica

Édouard Cavailhon Les sportsmen pendant la guerre… (1881)

Lorsque la nuit arriva, Mme de Nigès vint relayer sa fille.
Israël n'avait pas encore ouvert les yeux.
– La voiture est en bas, dit Mme de Nigès. Tu feras bien de te coucher, quand tu auras dîné, mon enfant. Ne viens pas trop tôt, demain matin : je dois rester ici plus longtemps que toi, ne l'oublie pas.
– Soyez tranquille, ma mère ; je me reposerai bien, mais avant de rentrer, permettez-moi de passer chez un marchand de comestibles. On m'aparlé de fruits d'Amérique admirablement conservés, et dont l'action sur les malades est merveilleuse ; je voudrais en essayer demain sur notre blessé.
Source : Gallica

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