“ M. de Brévannes était depuis une demi-heure assis au pied de cet arbre immense; il se leva à la vue de madame de Hansfeld.Celle-ci cacha difficilement son émotion; après plusieurs années elle revoyait un homme qu'elle avait tant de raisons de détester. Son cœur battit avec violence, elle dit tout bas à Iris de ne pas la quitter.M. de Brévannes, vain et orgueilleux, interpréta cette émotion à son avantage; il contemplait avec ravissement l'admirable figure de Paula, que le froid nuançait des plus vives couleurs. ”
Brévannes
Définition et enjeux
Citations sur “Brévannes”
Eugène Sue,
Paula Monti
(1875)
“ Malgré ces aveux, M. de Brévannes ne fut pas plus heureux; séductions, ruses, promesses, emportement, désespoir, tout vint échouer devant la vertu de Berthe, vertu simple et forte comme son amour. Ceux qui connaissent le coeur de l'homme, et surtout des hommes orgueilleux et opiniâtres comme M. de Brévannes, comprendront ses ressentiments amers contre cette jeune fille, aussi inflexible dans sa pureté que lui dans sa corruption. Un homme ne pardonne jamais à une femme d'avoir échappé, par adresse, par instinct ou par vertu, au piège déshonorant qu'il lui tendait. ”
“ M. de Brévannes dissimula si parfaitement ses mauvais desseins, et dit ces mots d’une voix si pénétrante, qu’une larme roula dans les yeux de Berthe ; un aveu de ses torts lui vint aux lèvres. Elle prit la main de son mari, la serra cordialement entre les siennes et répondit : — Et désormais votre amie fera tout au monde pour être digne de.... — Assez, ma chère enfant — dit M. de Brévannes en interrompant Berthe ; — je sais tout ce que vous valez... et qu’on est toujours sûr d’être entendu lorsqu’on s’adresse à votre délicatesse... ”
Eugène Sue,
Paula Monti
(1875)
“ M. de Brévannes attendait Iris avec une extrême impatience dans la petite maison de la rue des Martyrs. Madame Grassot, gardienne de cette mystérieuse demeure, restait à l'étage supérieur. La jeune fille arriva; M. de Brévannes courut à sa rencontre. Iris paraissait tremblante et effrayée. M. de Brévannes la rassura et la fit entrer dans le salon; elle tenait à la main un petit album relié en maroquin noir et fermé par une serrure d'argent. ”
“ Et il est mort en me maudissant... mort en m'appelant et me croyant infâme et parjure.... Mort... tué par Charles de Brévannes, calomniateur et meurtrier!—Oh! c'est affreux.... Et votre tante Vasari?... Après un instant de silence pendant lequel la princesse paraissait être sous le poids d'un souvenir pénible, elle reprit ainsi:—Les lois sur le duel étaient d'une sévérité extrême: Charles de Brévannes partit le jour même; Raphaël était inconnu à Florence; ni Osorio ni le témoin de M. de Brévannes ne reparurent.... Personne ne put donc trahir ce malheureux secret. ”
Eugène Sue,
Paula Monti
(1875)
“ C'est donc un mariage d'amour? — Certainement... mais Brévannes est très infidèle, dit-on. — Comment! ce gros homme à lunettes? — Non, ma chère ; ceci doit être au moins le Sobieski de la Sobieska, — dit M. de Beaulieu à sa soeur. — M. de Brévannes, — reprit Fierval, — est -cet homme très brun à figure expressive; la casquette de madame Girard vous le cache... tenez... — Dieu! quelle mauvaise physionomie !... Il a l'air méchant. — Mais non, je vous assure; Brévannes est ce qu'on appelle un très bon garçon; seulement il a un caractère de fer... et ce qu'il veut, il le veut... ”
Eugène Sue,
Paula Monti
(1875)
“ « Il en est toujours ainsi, les femmes n'ont pas de meilleure amie que celle à qui elles enlèvent un mari; elle s'est trahie, » se dit M. de Brévannes,.et il reprit tout haut : — Vous sentez, madame, combien je serais heureux de tout ce qui pourrait rendre mes relations avec vous plus suivies; permettez-moi donc alors, pour l'amour de madame de Brévannes, — dit-il avec un nouveau sourire, — de vous la présenter en vous demandant la permission de l'accompagner quelquefois. ”
“ C'est que, vois-tu, je doutais de Brévannes; je doutais de la durée de cet amour, d'abord si violent.... Je n'aurais pu être tranquille spectateur de tes chagrins; ma défiance même aurait troublé ton ménage. Je me suis donc imposé un rigoureux devoir... je me suis dit: J'attendrai.... Berthe ne m'a jamais menti.... Si, après quatre années de mariage, elle est aussi heureuse qu'elle le dit, je verrai là une garantie certaine pour l'avenir et une preuve de la bonté du cœur de Brévannes. Ce moment est arrivé. Ton mari est digne de toi; aujourd'hui je lui dirai: J'ai douté de vous, j'ai eu tort... ”
“ Je passais à Florence pour être sa maîtresse; et lorsque Raphaël s'informa de moi, il n'y eut qu'une voix pour m'accuser. Pourtant, ne voulant pas se fier aux apparences, il était allé trouver loyalement M. de Brévannes, lui avait dit son amour pour moi, que nous étions fiancés... que souvent les jeunes filles, sans être coupables, étaient légères, inconsidérées... le monde méchant; il supplia M. de Brévannes, au nom de l'honneur, de ne pas cacher la vérité; quelle qu'elle fût, il le croirait.—Et Charles de Brévannes? ”
Louise de Bellaigue, Nos Américains : épisodes de la guerre de sécession (1882)
“ Le château de Brevannes qui, pendant bien des années, avait semble morne et désert, s'est de nouveau rempli de mouvement et d'activité. Dans ses vastes salles, dans ses couloirs, sur le perron, partout, maîtres et serviteurs s'agitent et semblent attendre une nouvelle qui tient en suspens tous les coeurs. Une jeune mère, entourée de deux charmants enfants, assise sur la pelouse, tout en formant un bouquet avec des fleurs que lui tendent ces chérubins blancs et roses, tourne des regards anxieux vers une fenêtre du premier étage et paraît attendre de là, elle aussi, la fin de ses inquiétudes. ”
“ Vous savez la jalousie féroce de M. de Brévannes... Il hait déjà le prince parce qu’il est votre mari... Maintenant qu’il le sait aimé de sa femme, il le hait à la mort... Supposez Berthe assez imprudente pour accorder un rendez-vous à M. de Hansfeld, rendez-vous innocent ou coupable, volontaire ou forcé, peu importe ; M. de Brévannes en est instruit, il les surprend tous deux par la ruse : les apparences sont contre eux... Que fait-il ? dites, que fait-il ? ”
“ Oh ! maintenant, je comprends pourquoi je ne hais pas assez M. de Brévannes... toute ma haine s’est usée contre mon bourreau. « Et être pour la vie... pour la vie enchaînée à cet homme !... Ne pouvoir briser ces liens odieux... que par la mort.... « Oh ! qu’elle me frappe donc, qu’elle me frappe bientôt... puisqu’il faut que l’un de nous deux meure pour rompre cette horrible union, que ce soit moi... plutôt que mon mari... » M. de Brévannes frémit à ces paroles, et s’écria en s’adressant à Iris : — La princesse est donc bien malheureuse ? ”
Eugène Sue,
Paula Monti
(1875)
“ M. de Brévannes fut d'autant plus irrité, d'autant plus humilié de n'avoir rien pu obtenir de Berthe, que la conquête de madame Beauvoisis lui sembla plus flatteuse. Son amourpropre se révolta de ce qu'une malheureuse petite fille, pauvre, inconnue, eût osé résister à l'homme qu'une femme très-désirable avait choisi. Nous sommes loin de prétendre que M. de Brévannes n'eût pas d'amour pour Berthe; mais chez lui les tendres espérances de Famour, ses charmantes impatiences, ses craintes mélancoliques, s'étaient transformées en désirs effrénés, en orgueilleuse irritation. ”
Fernand Vandérem,
La Cendre: Roman
“ On apporta un grog que Brévannes but lentement, s'arrêtant à chaque gorgée pour tousser. Mareuil s'impatientait. A la fin, il éclata:—Eh bien!... Vous ne savez rien?Brévannes s'essuya la moustache, et répliqua:—Mon Dieu, si!... Tout ce que je puis vous dire, c'est qu'elle n'a pas bonne réputation, votre amie ...—Quoi?... Elle a un amant?... Vous savez son nom? ”
Fernand Vandérem,
La Cendre: Roman
“ C'est une bien belle institution, et qui honore un pays, Monsieur!Brévannes protesta:—Nous savons tous, mon ami, que tu as des mœurs de goret, et je me demande quel plaisir tu as à les déployer devant nous ...Labernerie souriait avec bonhomie. Brévannes poursuivit:—A moins que tu ne veuilles épater Mareuil ... Pâle idéal, cela, et qui n'empêche pas que les établissements où tu passes ta vie ne soient des endroits écœurants ... J'y ai été quelquefois, moi, oui, mon vieux goret, j'y ai été aussi, je l'avoue, et jamais je n'en suis parti sans dégoût ... ”
“ À Dieppe, M. de Brévannes rencontra une madame Beauvoisis (le domino du coffre) , fort jolie, fort à la mode dans un certain monde, fort coquette, et fort aimée d’un homme des plus agréables. Pour se venger du silence de Berthe et de quelques souvenirs importuns, et aussi pour se relever à ses propres yeux de son échec auprès de la fille du graveur, M. de Brévannes entreprit de plaire à madame Beauvoisis et de supplanter l’amant aimé. Il réussit. ”
“ Les gens de l’espèce de M. de Brévannes, si rusés qu’ils soient, sont presque toujours dupes de leur funeste dédain pour l’espèce humaine, et de leur propension à croire surtout aux mauvais sentiments. Au lieu de supposer, selon toute probabilité, que la mulâtresse était dévouée à sa maîtresse, et de se tenir prudemment sur la réserve, il suffit à M. de Brévannes, non pas même d’un mot, mais d’une seule inflexion de voix, pour croire Iris envieuse de madame de Hansfeld et peut-être même hostile à sa maîtresse. ”
“ En effet, après avoir passé par tous les degrés de la colère et s’être mentalement abandonné aux menaces les plus violentes contre Berthe et son complice inconnu, tout à coup M. de Brévannes sourit avec une sorte de joie féroce ; il se calma, s’apaisa, plus que satisfait de la trahison de Berthe ; il n’eut plus qu’une crainte... celle de ne pas pouvoir se procurer des preuves flagrantes de son déshonneur. ”
“ M. de Brévannes avait une détestable idée de l'humanité, il espérait, à l'aide de quelques cajoleries, de quelques libéralités, triompher de la vertu de Berthe et des scrupules de Pierre Raimond. Il se trompa: en payant le premier terme du modeste loyer de ses deux chambres, le graveur donna congé à M. de Brévannes pour le terme suivant, et le pria très nettement de cesser ses visites, qui avaient d'ailleurs été très bornées.M. de Brévannes fut piqué de cet insuccès; cette résistance inattendue irrita son désir, blessa son orgueil ”
“ M. de Brévannes, voyant le chagrin de sa femme, se figura, par une de ces imaginations grossières naturelles à l’homme, qu’en flattant Berthe sur la puissance et sur l’éclat de sa beauté, il se ferait pardonner les outrages dont il venait de l’accabler ; il s’approcha donc silencieusement de Berthe, puis, entourant sa taille, lui dit : — Voyons, ma bonne petite Berthe, sois gentille... faisons la paix. Il est impossible de rendre l’expression de répugnance, de honte, de douleur profonde qui éclata sur les traits de la jeune femme. ”
Jules Mary,
Les dernières cartouches : grand roman dramatique
(1902-1905)
“ Il pensait bien que sa visite serait fort mal interprétée par le père Brévannes, mais cela n'était pas fait pour l'arrêter. Une si belle occasion de revoir Christiane ne se présenterait peut-être jamais. Et puis, au fond, il ne serait pas fâché de s'assurer par lui-même si Paul ne tenait pas quelque place avantageuse dans le cœur de M,lP Brévannes. Le baron de Yarnage, instruit par l'expérience, n'avait, en amour, qu'une confiance relative ! Tous les viveurs en sont là, même quand ils se rangent. ”
Fernand Vandérem,
La Cendre: Roman
“ Tout dépend de l'époque de son mariage.—Elle est mariée depuis six ans, dit Mareuil, qui sentait le long de lui-même, de tout son corps, comme une traînée de défaillance.—Dans ce cas, continua Brévannes qui avait calculé, il y a des chances pour que, depuis deux ans, vous n'ayez pas été seul ... Cette femme-là, mon cher ami, c'est ce que nous appelons une femme dans la grande circulation ...Il eut une quinte de toux. Gilbert s'était approché de la fenêtre, et, le front contre la vitre, paraissait examiner l'avenue. Brévannes ajouta:—Il aurait peut-être mieux valu ne rien vous dire ... ”
Eugène Sue,
Paula Monti
(1875)
“ Si l'on n'a pas oublié le caractère de M. de Brévannes, son indomptable opiniâtreté, son orgueil, son acharnement à réussir dans ce qu'il entreprenait; si l'on pense que sa volonté, son obstination, sa vanité, étaient mises en jeu par un amour profond, exalté, contre lequel il se débattait depuis deux ans, on concevra avec quelle violence passionnée il désirait être aimé de madame de Hansfeld, cette femme si séduisante, si enviée, si respectée. ”
“ Sous quel prétexte d’ailleurs ?... que dirais-je à M. de Hansfeld ? — Que j’ai eu l’honneur de vous connaître en Italie... Et puis, un homme marié — ajouta-t-il en souriant — n’inspire jamais de défiance. Je pourrais même, et seulement pour la forme, avoir l’honneur de vous amener madame de Brévannes... quoiqu’elle ne soit pas digne de vous occuper un moment. Cette proposition de M. de Brévannes frappa vivement Paula. Sachant le prince très épris de Berthe, elle ne put dissimuler un sourire d’ironie en entendant M. de Brévannes parler de présenter sa femme à l’hôtel Lambert. ”
“ Il ne s'agit plus que de me rendre un grand service. Hésitez-vous encore? Je sais que ne n'ai d'autre droit à cette bonté de votre part que....—Tenez, tenez, lisez vite—dit Iris en détournant la tête et en donnant l'album à M. de Brévannes.—Ce que je fais est infâme; mais je ne puis résister à l'influence que vous avez sur moi.—Influence d'une volonté ferme—pensa M. de Brévannes en ouvrant précipitamment le livre noir, où il lut ce qui suit, pendant qu'Iris, accoudée à la cheminée, la figure dans ses mains, et n'ayant pas l'air de voir sa dupe, l'examinait attentivement dans la glace. ”
Jean-François Marmontel,
Mémoires
“ De Brevannes, où Desèze, dans la belle saison, passoit ses momens de repos, de Brevannes, dis-je, à Grignon, il n'y avoit guère que la Seine à passer, et que la plaine qu'elle arrose; nos deux coteaux se regardoient. Un jeune homme que nous aimions, et qui nous aimoit l'un et l'autre, nous fit confidence à tous les deux du désir mutuel que nous avions de nous connoître. ”
Eugène Sue,
Paula Monti
(1875)
“ C'était bien la peine de faire un mariage d'amour et d'épouser une fille du peuple... Pauvre Berthe Raimond! je suis sûre qu'elle paye cher ce que les sots appellent son élévation, — dit le domino avec ironie. M. de Brévannes fronça imperceptiblement le sourcil; ce nuage passé, il reprit gaiement : — Beau masque, tu te trompes ; ma femme est la plus heureuse des femmes, je suis le plus heureux des hommes; ainsi notre ménage n'offre aucune prise à la médisance... ne parlons donc plus de moi. Je suis une mode de l'an passé. ”
Fernand Vandérem,
La Cendre: Roman
“ Il lança un jet de salive et, hochant la tête:—Non, non, voyez-vous, toutes ces histoires, toutes ces théories, c'est très gentil, mais c'est de la littérature!Mareuil, piqué, riposta:—Et votre tirade à vous, c'est du Brévannes, du Brévannes tout pur! Peuh!... Je ne vous en veux pas!... Il y a des choses que vous ne comprendrez jamais ...—Je ne dis pas!... Je ne dis pas!... murmurait Brévannes ... L'important est qu'on ait de l'amitié l'un pour l'autre ... Le reste, les opinions, les doctrines ...Henriette l'interpella, d'une fenêtre du premier étage:—Chien Vert! Chien Vert! ”
“ Courroucé de ne pas recevoir de lettres de Berthe depuis six semaines qu'il l'avait quittée, M. de Brévannes rompit brusquement avec madame Beauvoisis, l'idole de la saison des eaux de Dieppe, et revint s'enterrer dans l'île Saint-Louis. Lorsqu'il arriva, Berthe se mourait; elle n'avait pu résister à tant de chagrins.... ”
Eugène Sue,
Paula Monti
(1875)
“ M. de Brévannes, quoique étonné de l'exclamation de sa femme, crut d'abord qu'elle refusait par timidité, et reprit : — Allons, vous êtes une enfant. Bien que très grande dame, la princesse de Hansféld est la personne la plus simple du monde; vous lui plairez beaucoup, j'en suis sûr. ”
