“ Dans son orgueil paternel, loin de s'alarmer, Pierre Raimond se réjouissait de cette admiration. N'avait-il pas une confiance aveugle dans les principes de Berthe? Ne devait-il pas la vie à Arnold? Comment supposer que ce jeune homme au cœur noble, aux idées généreuses, abuserait indignement des relations que la reconnaissance avait établies entre lui et l'homme qu'il avait sauvé. ”
Citations sur “Pierre Raimond”
Histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence… (1776-1786)
“ Gaspard de Raimond, Capitaine d'Infanterie, par commission du Roi Henri le Grand de l'année 1600, & allié le 6 Février 1605 à Marguerite d'Amalric 9 fille de noble Balthazar & de Camille de Cajlellane, d'où Jean de Raimond, marié, le 2 Janvier 1638, avec Susanne de Garden , fille de Pierre, Seigneur d'Alons, & de Claire de Guillon. Il fit son testament le 10 Octobre 1659. ( Allegre, Notaire. ) 1 Pierre-André qui suit, fut son héritier ; légataires, 2 François, 5 Antoine , 4 Jean-Joseph, 5 & Sauveur , Mousquetaires dans la Maison du Roi, qui servirent avec distinction. ”
Raimond Van Marle, La peinture romaine au Moyen-âge… (1921)
“ Souvent l'artiste réussit à nous montrer des figures impressionantes, comme celle du Sauveur, dont le type est assez singulier. Les Apôtres, parmi lesquels on distingue surtout St. Pierre, sont grandioses tant par leur statures que par leurs traits solennels et expressifs. Une des saintes femmes au tombeau est d'une beauté régulière qui semble directement inspirée d'une oeuvre antique. Le Sauveur sortant de sa tombe est une apparition pleine de majesté ; dans le Baiser de Judas les gestes brusques propres, au type iconographique, sont transmués en une violence tragique. ”
Esprit de Raimond de Mormoiron, Supplément aux diverses éditions des oeuvres de Molière… (1825)
“ On contin liait de tuer et de piller. Pierre de la Place, premier président de la Cour des aides, magistrat aussi illustre par sa sagesse et par son intégrité que par sa science et ses lumières, s'était jusque-là défendu de la fureur populaire par le moyen d'une grosse somme qu'un certain capitaine, nommé Michel, avait tirée de lui la veille, et avec le secours de quelques archers qui lui avaient été envoyés par Nicolas de Beaufremont et par Charron , prévôt des marchands. Le bailli de Sénecei avait donc contribué à le sauver ”
“ Raymon avait l’art d’être souvent coupable sans se faire haïr, souvent bizarre sans être choquant ; parfois même il réussissait à se faire plaindre par les gens qui avaient le plus à se plaindre de lui. Il y a des hommes ainsi gâtés par tout ce qui les approche. Une figure heureuse et une élocution vive font quelquefois tous les frais de leur sensibilité. Nous ne prétendons pas juger si rigoureusement M. Raymon de Ramière, ni tracer son portrait avant de l’avoir fait agir. ”
Madame de Staël,
Corinne ou l’Italie
“ D’ailleurs cette révolution tournera mal, et je pourrais bien être tué ; faites-moi donc jouir de ce que j’ai, en le regardant comme à vous. — Hélas ! ce généreux Raimond prévoyait trop bien sa destinée. Quand on est capable de se connaître, on se trompe rarement sur son sort ; et les pressentimens ne sont le plus souvent qu’un jugement sur soi-même qu’on ne s’est pas encore tout-à-fait avoué. Noble, sincère, imprudent même, le comte Raimond mettait en dehors toute son ame ”
“ Raymon avait une incroyable puissance sur tout ce qui l’entourait ; car, à tout prendre, c’était, avec ses fautes et ses écarts de jeunesse, un homme supérieur dans la société. Nous ne vous avons pas dit sur quoi était basée sa réputation d’esprit et de talent, parce que cela était hors des événements que nous avions à vous conter ; mais il est temps de vous apprendre que ce Raymon, dont vous venez de suivre les faiblesses et de blâmer peut-être la légèreté, est un des hommes qui ont eu sur vos pensées le plus d’empire ou d’influence, quelle que soit aujourd’hui votre opinion. ”
Les hérétiques de Monsegur ou Les proscrits du XIIIe siècle… (1827)
“ Alors elle recommença l'éloge le plus exalté des talens de Raimond. Alix écoulait avec complaisance les louanges exagérées qu'on donnait au troubadour. Elle ignorait que l'esprit seul ne sait pas louer avec tant de chaleur; et peut-être eût-elle trouvé moins de plaisir à écouter l'éloge de Raimond, si elle eût deviné que la belle comtesse ne louait avec tant de vivacité que des vers inspirés par sa beauté. Toula coup, Mme de Sobiras apercevant Raimond : « Vous allez le voir, continua-t-elle. » En effet, Raimond reconnaissant la comtesse, s'approcha d'elle, et la salua avec galanterie. ”
of Toulouse Peire Raimon, Poésies du troubadour Peire Raimon de Toulouse…
“ L'hypothèse de deux troubadours de la même famille n'a rien d'impossible; nous en avons deux de la famille de Saint-Didier, l'aïeul, Guilhem, et le petit-fils Gauseran; et nous avons deux Bertran de Born, le père et le fils. Mais, en ce qui concerne Peire Raimon, l'epithete de vieil ne suffit pas pour lui attribuer un fils ou tout autre parent, poète comme lui. Nous expliquerons plutôt cette désignation en disant que pour l'auteur de la biographie, qui peut-être écrivait assez tard après la mort de Peire Raimon, ce troubadour lui paraissait appartenir à l'ancienne génération. ”
Paul Albert, La poésie : études sur les chefs-d'oeuvre des poètes de tous les temps et de tous les pays… (1882)
“ Blessé, presque mourant, il quitte sa tente pour protéger les croisés maltraités par les assiégeants : il couvre de son bouclier le vieux Raimond. C'est une âme douce, profondément tendre et enveloppée de tristesse. Il a aperçu un jour dans un bocage, au bord d'une source, une jeune fille musulmane, couverte d'armes éclatantes ; elle avait détaché le casque qui cachait sa tête charmante. Depuis ce jour une profonde mélancolie s'est emparée du héros ; il porte gravée dans son coeur l'image de la jeune guerrière. ”
active 14th century d'Arras Jean, Mélusine
“ Adoncques vint Raimondin à son seigneur, qui estoit tout mort, et le laissa en plourant de si triste cueur, qu’il ne povoit dire ung seul mot pour tout l’or du monde ; et tantost qu’il l’eut baisé, il alla mettre le piet en l’estrier, et monta sur son chevau, et se partist tenant son chemin au travers de la forest, moult desconforté, chevauchant moult fort, et non sachant quelle part, mais à l’adventure ; si grand dueil demenant, qu’il n’est personne au monde qui peut penser ne dire la cincquiesme partie de sa douleur. ”
Fauriel, Revue des Deux Mondes
“ Au moment où Raimond, charmé d’être libre, allait retourner dans ses foyers, une figure céleste lui apparut en songe, et lui dit : « Je suis sainte Foi que tu as assidûment invoquée dans ton naufrage. Pars, et sois tranquille, tu recouvreras ta seigneurie. » Réjoui de cette vision, sans néanmoins bien comprendre ce qu’elle signifiait, il prit congé du comte Sanche, et s’achemina vers les Pyrénées, en costume de pélerin. Arrivé près du Bousquet, il fut informé que sa femme avait pris un autre mari, qui habitait avec elle dans son château. ”
George Sand,
François le Champi
“ Mais M. de Ramière se hâta de la jeter au feu, dans la crainte de rougir de lui-même. Que voulez-vous, encore une fois ? ceci est un préjugé de l’éducation, et l’amour-propre est dans l’amour comme l’intérêt personnel est dans l’amitié. On avait remarqué dans le monde l’absence de M. de Ramière ; c’est beaucoup dire d’un homme, dans ce monde où ils se ressemblent tous. On peut être homme d’esprit et faire cas du monde, de même qu’on peut être un sot et le mépriser. Raymon l’aimait, et il avait raison ”
Joseph de Rosny, Oeuvres de J.-P. Florian.... Vol… (1793-1797)
“ Raimond devenoit inflexible aussitôt qu'on vouloit s'y soustraire. Sévère pour les autres comme pour lui même, il exigeoit de tous les coeurs les austères vertus du sien. Bon père , bon époux , mais peu tendre, il regardoit comme Foiblesse tout sentiment qui n'étoit pas devoir.. : Son premier soin avoit été d'interdire sa maison à Némorin , et de défendre à sa fille de parler, a ce berger. Estelle avoit obéi : mais chaque jour, à la.vallé^ les deux amants se rencontroient ; ils se fetoif-'Qt.un seul coup-d'œil ”
Céline Fallet, La Folle des Ardennes, ou les Suites de l'ambition… (1865)
“ J'étais las de vivre, quand je me dénonçai moi-même à votre mère, et maintenant je le suis plus que jamais. La fortune m'a souri, l'or s'est entassé dans mes coffres ; on vante la sévérité de mes mœurs, mon intelligence, mon activité ; je suis un honnête homme et un négociant irréprochable ; du moins j'étais tout cela hier encore. J'allais arriver aux honneurs, au pouvoir, quand on m'a dit : « Vous êtes Jean Raimond ! » Devant ce nom tout s'est écroulé, et il ne me reste de cet édifice si patiemment et si laborieusement construit que la fange ”
Mariétan, Éloge de Raimondis (1820)
“ Cependant, au milieu de ces travaux entrepris seulement pour l'intérêt qu'il portait aux hommes, et où il venait si noblement oublier leurs persécutions et leurs travers, Raimondis délassait son esprit par des occupations non moins utiles, et des bienfaits d'un autre genre. Confiné dans les champs, il voulut connaître l'art qui les fait produire. Il ne se borna pas à l'étudier dans les théories fastueuses, qui loin des sentiers que la pratique a battus, nous entraînent par la longue chaîne des analogies, et nous laissent égarés dans le vague immense des plus vaines présomptions ”
Alfred Garcin, Rénovation morale, ou le Socialisme praticable… (1849)
“ Connaissance de Dieu, pratique de la sagesse. Cette philosophie, bien inculquée, donnera à Raimond des forces pour supporter l'adversité, et des récompenses inappréciables dans ses devoirs de citoyen; il est inutile de dire que Raimond philosophe sera religieux. Je pujs donc avancer sans hésitation que Raimond, — 36 — à dix-sept ans, sera un homme sur lequel on pourra faire avec succès toutes les expériences possibles. ”
George Sand,
François le Champi
“ Isolés du monde entier, toujours prêts à quitter joyeusement la vie, nous verrons d’un œil ravi la tempête soulever les éléments, et déployer devant nous ses magnifiques spectacles. Viens, Indiana ; partons, secouons la poussière de cette terre ingrate. Mourir ici, sous les yeux de Raymon, ce serait en apparence une vengeance étroite et lâche. Laissons à Dieu le soin de châtier cet homme ; allons plutôt lui demander d’ouvrir les trésors de sa miséricorde à ce cœur ingrat et stérile. ”
Histoire héroïque et universelle de la noblesse de Provence… (1776-1786)
“ LEs Seigneurs de Modène, de Monlaur, de Villeneuve & de Pomerol, du nom de Raimond, sont originaires du Comté Venaissin,& donnent la preuve de leur généalogie , depuis Hugues Raimond, Ecuyer , qui vivoit l'an 1450 avec Pierrette de Raimond, sa femme. De leur mariage naquirent Jean qui suit, & Marguerite de Raimond, alliée à noble Nicolas de Faudran , de Lambesc. ”
Esprit de Raimond de Mormoiron, Supplément aux diverses éditions des oeuvres de Molière… (1825)
“ Le deuxième enfant, tenu par le comte de Modène et Madelène Béjard.. 1665 Le troisième enfant, dont le parrain fut Pierre Boileau, frère de Nicolas Despréaux, et la marraine, Catherine Mignard, fille du peintre célèbrer 1672 Elle devint veuve le 17 février. . 1673 Se remaria avec Guérin d'Estriché en 1677 Mourut, âgée de 55 ans, le 3 novembre. . . . 1700 Dans son acte de décès, découvert par M. Beffara, postérieurement à la publication de sa Dissertation (en juin, et non en janvier, 1821) , elle est appelée ArmandeGrésinde-Claire-Élizabeth. ”
Eugène de Guilhermier, Les vers à soie , poëme en deux chants… (1806)
“ Des rivaux empressés l'amoureuse constance , Malgré ce trait honteux, idolâtre Clémence ; Ses fidèles amans s'apprêtent à chercher, Dans de lointains climats, un bien, hélas ! trop cher. Avec peine, Raimond se calme, se modère; • Comme ses compagnons il hausse sa visière; Il voit avec douleur les défis singuliers Qu'une amante propose à ses transports altiers. Son bras mieux secondé par sa noble furie, Eût dompté ses rivaux et conquis son amie; Peut-être qu'agréé du sort capricieux, Un inconnu sera moins aimé , plus heureux. ”
Nicolas Edme Restif de La Bretonne,
Monsieur Nicolas
“ Raimonde, qui tenait la main de Raimond, la quitta, et alla se jeter dans les bras d’Ebrard, en lui disant : — « Mon unique amour ! ha ! je ne saurais te trahir ! — Il y a de l’enchantement dans ce breuvage, » dit Raimond ; « mais je brave le Diable ! » Et il but lui-même tout le reste du lait de chèvre, où était la poudre. Mais il ne changea pas : il se trouva seulement plus fort. Il prit Ebrard par un bras, et il l’enleva comme une mouche, en disant à Raimonde : — « Comment pouvez-vous, ma Damoiselle, aimer un homme incapable de se défendre ? » ”
A. Duchesne, Le Moyen-âge et la Renaissance… (1851)
“ Marc-Antoine Raimondi fut d'abord élève de François Raibolini et ensuite de Raphaël, d'après lequel il travailla souvent, et dont il sut conserver l'expression dans ses têtes et la pureté du dessin dans toutes les parties de ses compositions. Il ne reste rien de gothique dans l'architecture; rien de roide dans les poses et les mouvements des personnages; rien de cassé ni d'anguleux dans les draperies ”
Nicolas Edme Restif de La Bretonne,
Monsieur Nicolas
“ Il avança la tête, après avoir doucement entr’ouvert un des battants, et il aperçut Raimonde assise sur un lit de repos avec Ebrard, lequel la caressait, et elle lui rendait très bien ses caresses. Raimond, transporté de colère, tira son épée, ouvrit la porte, et entra dans la chambre : mais il ne vit plus personne. Il courut à la chambre d’Ebrard, et il le trouva suspendu au plancher. « Je me suis » trompé ! » pensa Raimond ; « c’est un effet de la jalousie : car qui épouse une fille qui a fait l’amour avec un autre, a empoisonné son mariage... » ”
George Sand,
Œuvres illustrées de George Sand…
“ Les âmes ardentes et passionnées font les santés tenaces et miraculeuses aux jours du danger ; mais les âmes tièdes et paresseuses n’impriment pas au corps de ces élans surnaturels. Quoique Raymon fût un bon fils, comme on l’entend dans la société, il succomba physiquement sous le poids de la fatigue. Étendu sur son lit de douleur, n’ayant plus à son chevet que des mercenaires ou de rares amis pressés de retourner aux agitations de la vie sociale, il se mit à penser à Indiana, et il la regretta sincèrement, car alors elle lui eût été nécessaire. ”
George Sand,
François le Champi
“ Raymon ne fut donc pas plus tôt rentré dans ce monde, son élément et sa patrie, qu’il en ressentit les influences vitales et excitantes. Les petits intérêts d’amour qui l’avaient préoccupé s’effacèrent un instant devant des intérêts plus larges et plus brillants. Il y porta la même hardiesse, les mêmes ardeurs ; et quand il se vit recherché plus que jamais par ce que Paris avait de plus distingué, il sentit que plus que jamais il aimait la vie. Était-il coupable d’oublier un secret remords pour recueillir la récompense méritée des services rendus à son pays ? ”
George Sand,
Œuvres illustrées de George Sand…
“ Le soir, Raymon eut de l’esprit. Il y avait beaucoup de monde, et on l’écoutait ; il ne put se dérober à l’importance que lui donnaient ses talents. Il parla, et si Indiana eût été vaine, elle eût goûté son premier bonheur à l’entendre. Mais son esprit droit et simple s’effraya au contraire de la supériorité de Raymon ; elle lutta contre cette puissance magique qu’il exerçait autour de lui, sorte d’influence magnétique que le ciel ou l’enfer accorde à certains hommes ”
George Sand,
Œuvres illustrées de George Sand…
“ À l’heure où je vous parle, elle est ici, dans ma chambre, malgré moi, et je ne sais comment la décider à en sortir. — Malheureuse enfant ! dit madame de Ramière en s’habillant à la hâte. Elle si timide et si douce ! Je vais la voir, lui parler ! c’est bien cela que tu viens me demander, n’est-ce pas ? — Oui ! oui ! dit Raymon, que la tendresse de sa mère attendrissait lui-même ; allez lui faire entendre le langage de la raison et de la bonté. Elle aimera sans doute la vertu dans votre bouche ; elle se rendra peut-être à vos caresses ; elle reprendra de l’empire sur elle-même, l’infortunée ! ”
Fauriel, Revue des Deux Mondes
“ Les deux héros, un moment déguisés et comme étrangers chez eux, sont reconnus à peu près de la même manière. Dans le dénouement, la ressemblance est plus indirecte et plus vague. Raimond a besoin des secours d’un ancien ami, pour recouvrer son château et punir son rival, tandis qu’Ulysse se venge seul des prétendans qui se sont rendus maîtres chez lui. Il s’en faut aussi de beaucoup que la dame du Bousquet soit une Pénélope. ”
George Sand,
Œuvres illustrées de George Sand…
“ Un froid mortel parcourut les veines de Raymon. Cette fois il n’eut pas besoin d’aider à son émotion ; il en est qui s’éveillent puissantes et terribles sans le secours de l’art. « Elle sait tout, pensa-t-il, et elle me juge. » Rien n’était si humiliant pour lui que de se voir reprocher son crime par celle qui en avait été l’innocente complice, rien de si amer que de voir Noun pleurée par sa rivale. « Oui, Monsieur, dit Indiana en relevant son visage baigné de larmes, c’est vous qui en êtes cause... » ”
