“ La nudité de ce grenier, les murs blanchis à la chaux, les meubles éclopés, la ramenaient à une simplicité d'existence qu'elle avait parfois rêvée, étant jeune fille. Mais ce qui la charmait surtout, c'était l'émotion attendrie dans laquelle elle vivait là: son rôle de garde-malade, les continuelles lamentations de la vieille femme, tout ce qu'elle voyait et sentait autour d'elle la laissait frissonnante d'une pitié immense. Elle avait fini par attendre avec une visible impatience la visite du docteur Deberle. Elle le questionnait sur l'état de la mère Fétu; ”
Fétu
Définition et enjeux
Citations sur “fétu”
Charles Ferdinand Ramuz,
Les Signes parmi nous
“ Ciel de chez nous, pensent-ils encore, et sont dessous en confiance, ayant travaillé dès le petit jour, dont ils escomptent le produit. Beaucoup se reposent déjà, ayant retourné les derniers froments avec le manche de la fourche qu’on glisse par-dessous la natte des fétus, et on la fait tourner sur elle-même. ”
Élisabeth Charles-Morice, Aurore et Phébus ou La fée de la musique
“ L'Impératrice des fées parla la dernière : — Pour te conférer un nom digne de toi, j'emprunterai celui du dieu qui nous gouverne tous, par qui nous existons, par qui nous aimons, qui fait pour nous la bonté de la vie et sans qui tout serait morne .et glacé. Puisque ton cœur sera bon, puisque ton âme sera celle d'un poète, puisque ton esprit entendra la voix de la nature, puisque ton corps aura la beauté et tes membres l'agilité et la force, reçois, royal enfant, le nom du Roi de toutes les splendeurs : sois nommé PHÉBUS. — Salut et gloire au Prince Phébus! reprirent en chœur les fées. ”
R. von Krafft-Ebing, Étude Médico-Légale: Psychopathia Sexualis
“ Dans le fétichisme physiologique, ce sont surtout l'œil, la main, le pied et les cheveux de la femme qui deviennent souvent fétiches; de même dans le fétichisme pathologique, ce sont la plupart du temps ces mêmes parties du corps qui deviennent l'objet unique de l'intérêt sexuel. La concentration exclusive de l'intérêt sur ces parties pendant que toutes les autres parties de la femme s'effacent, peut amener la valeur sexuelle de la femme à tomber jusqu'à zéro, de sorte qu'au lieu du coït, ce sont des manipulations étranges avec l'objet fétiche qui deviennent le but du désir. ”
Richard von Krafft-Ebing,
Psychopathia sexualis
(1886, éd. allemande)
“ Ce groupe forme une transition avec les phénomènes d’une autre perversion distincte, le fétichisme, mais il est plus près du masochisme que du fétichisme, voilà pourquoi nous l’avons fait rentrer dans celui-là. Par fétichistes j’entends des individus dont l’intérêt sexuel se concentre exclusivement sur une partie déterminée du corps de la femme ou sur certaines parties du vêtement féminin. Une des formes les plus fréquentes du fétichisme consiste dans ce fait que le pied ou le soulier de la femme sont le fétiche qui devient l’unique objet des sentiments et des penchants sexuels. ”
Anatole France,
Le livre de mon ami
“ Parce qu’elle était vive, un peu étourdie... et que l’arrêt des fées l’ordonnait ainsi. C’est précisément ce que répond le conte, et la sagesse humaine ne va pas au-delà de cette réponse. Pourquoi, cousine, êtes-vous belle, spirituelle et bonne ? Parce qu’une fée vous donna la bonté, une autre l’esprit, une autre la grâce. Il fut fait comme elles avaient dit. Une mystérieuse marraine détermine à notre naissance tous les actes, toutes les pensées de notre vie, et nous ne serons heureux et bons qu’autant qu’elle l’aura voulu. La liberté est une illusion et la fée une vérité. ”
Paul Garnier, Les fétichistes, pervertis et invertis sexuels - observations médico-légales
“ Elles pourront rechercher ces sensations sans être pour cela des fétichistes, c’est-à-dire, sans être obligées d’y avoir recours pour éveiller leur sensualité. Je persiste à croire que, dans tous les cas de véritable fétichisme des étoffes,. l’objet fétiche est en quelque sorte sexualisé et c’est pour cela qu’il est l’élément à la fois nécessaire et suffisant de l’excitation sexuelle. Certains fétichistes ne rêvent que des dessous féminins et restent indifférents, ou à peu près, vis-à-vis de la femme ; leur frigidité est absolue quand les dessous rêvés font défaut. ”
Ludovic Carrau, L’Origine des cultes primitifs
“ Il faut distinguer tout d’abord entre le fétichisme proprement dit et le culte des animaux, des plantes et des astres. L’usage a réservé le nom de fétiches à ces objets inanimés que les sauvages portent ordinairement sur eux et auxquels ils attribuent un pouvoir surnaturel ; mais le fétiche est-il véritablement un dieu et adoré comme tel ? En aucune façon. Le sauvage croit seulement que, par l’intermédiaire du fétiche, il peut contraindre son dieu à l’exaucer ; le fétiche est, pour ainsi parler, un otage de la divinité qu’il tient entre ses mains ”
Ernest Feydeau,
Les Aventures du Baron de Féreste…
(1869)
“ L'idée seule d'un baiser les aurait fait mourir de honte. Songez donc ! A seize ans ! c'est une chose énorme qu'un baiser appliqué dans la solitude sur la joue veloutée d'une vierge! Il est vrai que, plus tard, on ne se laisse plus arrêter par de sottes considérations, — sans cela où en serait la perpétuité de l'intéressante race humaine, mou Dieu ! — et qu'on prend l'habitude de se présenter aux belles dames, les lèvres en avant, comme un enfant qui fait la moue. La comtesse de Féreste ne se doutait de rien, non plus que le fermier ni la fermière. ”
Anonyme, Les vacances au château – Le fétichisme en amour
“ Nous pouvons donc distinguer le fétichisme portant sur une partie du corps, pieds, main nue ou gantée, bouche, etc... et le fétichisme des objets, et d’après votre question de tout à l’heure, baronne, le fétichisme des objets, est celui qui paraît le plus devoir vous intéresser. Les cas de fétichisme des objets sont très-nombreux. On sait que souvent, quand on aime une femme, on couvre de baisers les objets qui lui appartiennent, ses gants, ses lettres, etc... ”
Adolphe de Lescure,
Histoire des Fées et de la Littérature féerique en France
(1883)
“ La mythologie des fées, réparation et revanche de lois égoïstes et inégales, rachète la femme de cette tyrannie du sexe masculin, en n'admettant que l'autre aux honneurs de son panthéon, et en divinisant, sous le nom de fée, sa beauté, sa grâce et son empire. ”
Paul Garnier, Les fétichistes, pervertis et invertis sexuels - observations médico-légales
“ Mais c’est toujours, selon la loi naturelle, le sexe contraire qui émeut et sollicite, et si on l’aime mal, c’est encore lui pourtant qu’on aime, à travers toutes les fantaisies plus ou moins graves du fétichisme. C’est toujours lui qui attire et subjugue, quoique son influence vienne s’exercer sur une sensibilité génésique originellement pervertie qui vicie et stérilise — le mot n’est pas impropre — les manifestations singulières de cet amour. Le perverti sexuel, dans ses pires égarements, ne se trompe pas de sexe. Cette erreur totale, tératologique, est le lot de l’inverti. ”
Paul Garnier, Les fétichistes, pervertis et invertis sexuels - observations médico-légales
“ Quant à l’excitation voluptueuse de l’inverti à la vue, ou même, à la simple représentation mentale des attributs de son propre sexe, on ne peut la considérer que comme le corollaire obligé de sa déviation paradoxale, et il n’y a pas à faire rentrer dans la catégorie des cas de fétichisme corporel homo-sexuel des impressions sensuelles qui ne sont que l’affirmation de l’inversion elle-même. ”
Paul Garnier, Les fétichistes, pervertis et invertis sexuels - observations médico-légales
“ Le fétichisme est, ici, aussi évocateur que possible, et, devant ses bottes vernies, Louis X... a tellement vive la représentation mentale de l’être masculin si ardemment désiré, que l’on pourrait presque prétendre qu’il entretient avec elles des relations sexuelles. Il est manifeste que son imagination exaltée les complète par la vision, nette, précise, de l’amant idéal après lequel il court depuis des années. ”
Anonyme, Les vacances au château – Le fétichisme en amour
“ Profitant de ce que je n’étais pas vue, je portais mon mouchoir à mes lèvres ; après l’avoir amoureusement contemplé, je détachai délicatement le sperme de la fine dentelle par un ardent coup de langue, et j’avalais avec un raffinement de volupté. Tel est, mon cher ami, l’acte de folie auquel s’est livrée la femme dont la réputation est à toute épreuve, dont la vertu farouche n’a jamais été suspectée. Vous voyez que nous pouvons aller de pair, et que, si vous êtes un exhibitionniste, je suis moi-même une fétichiste, cas très-rare il est vrai, mais qui existe dans le sexe faible. ”
“ A peine eut-elle dit ces paroles, que la fée parut: "Je n'ai pas prétendu vous récompenser en vous faisant reine, lui dit la fée, mais vous punir, parce que vous m'avez donné vos prunes à contre-coeur. Pour être heureux, il faut, comme votre soeur, ne posséder que les choses nécessaires, et n'en point souhaiter davantage.--Ah! Madame, s'écria Blanche, vous vous êtes assez vengée, finissez mon malheur. Il est fini, reprit la fée. Le roi, qui ne vous aime plus, vient d'épouser une autre femme, et demain ses officiers viendront vous ordonner, de sa part, de ne point retourner à son palais." ”
Paul Garnier, Les fétichistes, pervertis et invertis sexuels - observations médico-légales
“ Timide dans les choses de l’amour normal, le fétichiste, bien loin d’être un excité sexuel au point de vue des plaisirs vénériens, est bien plutôt un insuffisant que rien n’attire vers l’union des sexes, le plus souvent. ”
Paul Garnier, Les fétichistes, pervertis et invertis sexuels - observations médico-légales
“ Syndrome de la dégénérescence mentale, le fétichisme peut être défini : L’anomalie de l’instinct sexuel conférant, tantôt à un objet de la toilette féminine ou des vêtements masculins, tantôt à un costume déterminé, tantôt, enfin, à une partie du corps de l’un et de l’autre sexe, le pouvoir exclusif d’éveiller les sensations amoureuses et de produire l’orgasme voluptueux. ”
Alexandre Soumet,
La Divine Épopée
(1840)
“ Au pied du mont Arar, une vierge féconde Pourrait ressusciter la jeunesse du monde, 202 L'ARCHE SUR LE MONT ARAR. Et moi, la disputant au ciel.... Voeux superflus ! ! Si son sein est fécond, la terre ne l'est plus. Comment te ranimer, terre infertilisable ! Dont le sein saigne encor sous ton linceul de sable , Mais qui ne peux nourrir, avec ce sang glacé, La semence jetée à ton vieux flanc blessé? Vainement, quand je suis près de la vierge sainte, Tu sembles tressaillir comme une femme enceinte : Chaque jour agrandit le cercle inhabité, Les épouvantements de ta stérilité. ”
Adolphe de Lescure,
Histoire des Fées et de la Littérature féerique en France
(1883)
“ La Belle, lui dit cette dame, qui était une grande fée, venez recevoir la récompense de votre bon choix : vous avez préféré la vertu à la beauté et à l'esprit, vous méritez de trouver toutes ces qualités réunies en une même personne. Vous allez devenir une grande reine : j'espère que le trône ne détruira pas vos vertus. – Pour vous, Mesdemoiselles, dit la fée aux deux soeurs de la Belle, je connais votre coeur et toute la malice qu'il renferme. Devenez deux statues ; mais conservez toute votre raison sous la pierre qui vous enveloppera. ”
Auguste Comte,
Système de politique positive, ou Traité de sociologie…
(1851)
“ A la vérité, elle devient ainsi plus propre à seconder l'essor décisif de l'imagination humaine. Mais le fétichisme comportait aussi, sous d'autres formes , une pleine évolution esthétique, et il consacrait mieux l'ascendant du coeur. Si donc la religion absolue avait dû persister toujours, elle aurait certainement conservé le mode spontané. C'est au fétichisme que nous revenons, et non au théologisme, quand une forte passion ramène passagèrement les meilleurs esprits à la vaine recherche des causes. ”
comtesse de Sophie Ségur, Nouveaux contes de fées pour les petits enfants
“ Vous vous vengez trop cruellement d'une injure infligée non à votre caractère de fée, mais à la laide et sale enveloppe que vous avez choisie. Par l'effet de ma puissance, supérieure à la vôtre, je vous défends d'aggraver le mal que vous avez déjà fait et qu'il n'est pas en mon pouvoir de défaire. ”
E. Chaudoin, Trois mois de captivité au Dahomey (1891)
“ Peu considérées ordinairement, les femmes le deviennent énormément lorsqu'elles sont féticheuses Placées dès leur plus jeune âge dans des couvents où, sous l'œil des vieilles féticheuses, elles apprennent les rites des fétiches jusqu'au jour où, assez avancées en âge, elles sont initiées à toutes les supercheries du fétichisme et peuvent exercer pour leur compte, les féticheuses parlent une langue sacrée qui n'est pas connue du vulgaire. ”
Antony Landes, Contes et légendes annamites
“ Les servantes obéirent et ramenèrent le mari de la fée. Les deux époux se voyant réunis, furent transportés de joie. Au bout de quelque temps, le mari demanda à la fée comment elle avait eu le cœur de l’abandonner ainsi. La fée lui répondit : « Les unions des mortels et des génies ne peuvent être longues. C’est pourquoi j’ai dû vous abandonner ; mais, vous sachant affligé, je vous ai fait venir ici pour vous consoler de votre chagrin. Maintenant il vous faut retourner sur la terre. » Le mari se mit à gémir et ne voulait pas quitter la fée. ”
Gallus, L'amour chez les dégénérés : étude anthropologique… (1905)
“ Explication du fétichisme — Concomitance d'une impression quelconque (visuelle, olfactive, tactile, auditive) et de l'éveil sexuel — Le hasard crée le fétiche — Vérification de cette thèse par de nombreuses observations — Un peu de pitié. L'amour normal semble suscité par un grand nombre d'attraits, et il est la synthèse de tous les amours partiels éveillés par les charmes de la personne aimée. L'amoureux doit chérir également tout ce qui est son amante, tout ce qui vient d'elle. ”
Mme Le Lasseur, Contes de féés, par Mme Le Lasseur… (1876)
“ Il se baisse pour la mieux regarder et va la cueillir ; au moment où sa main s'approche d'elle, il la voit s'allonger, s'étendre, ses bras collés à son corps s'ouvrent gracieux, sa tête charmante se dessine, et il a devant lui la ravissante fée de son rêve de la veille ; c'est bien elle, vêtue de sa robe de fleurs vivantes, couronnée de ces colchiques aux couleurs si tendres.. — Ah ! qui que vous soyez, Madame, s'écrie Étincelle en tombant à ses genoux, fée ou princesse, ayez pitié d'un enfant malheureux et égaré... ”
“ FATAL ET FORTUNÉ.Il y avait une fois une reine qui eut deux petits garçons parfaitement beaux. Une fée, qui était bonne amie de la reine, avait été priée d'être la marraine de ces princes, et de leur faire quelque don.--Je doue l'aîné, dit-elle, de toutes sortes de malheurs jusqu'à l'âge de vingt-cinq ans, et je le nomme Fatal.A ces paroles, la reine jeta de grands cris! et conjura la fée de changer ce don.--Vous ne savez ce que vous demandez, dit-elle à la reine; s'il n'est pas malheureux, il sera méchant. ”
R. von Krafft-Ebing, Étude Médico-Légale: Psychopathia Sexualis
“ Ce fait physiologique du fétichisme explique les sympathies individuelles entre homme et femme, la préférence qu'on donne à une personne déterminée sur toutes les autres du même sexe. Comme le fétiche ne représente qu'un symbole individuel, il est évident que son impression ne peut se produire que sur un individu déterminé. ”
Dr Griffon du Bellay,
Le Tour du monde
“ Les petits féticheurs le gardent jusque vers l’âge de dix-sept ou dix-huit ans, époque à laquelle ils sont initiés aux secrets de la religion, « ils voient le fétiche, » selon l’expression reçue. Jusque-là le célibat est pour eux de rigueur. Une fois initiés, ils deviennent féticheurs en titre et rentrent dans la vie commune. Accompagnés de ces lévites d’un nouveau genre, nous montâmes au village d’Aroumbé, où nous attendîmes que le roi voulût bien nous honorer de sa visite. ”
Adolphe de Lescure,
Histoire des Fées et de la Littérature féerique en France
“ S’il est un genre de superstition qui ait un caractère particulier, c’est celui de la croyance aux fées, à ces génies femelles, le plus souvent sans nom, sans filiation, sans parenté, qui sont sans cesse occupés à bouleverser l’ordre de la nature, pour le bonheur ou le malheur des mortels qu’ils chérissent ou favorisent sans motifs, ou haïssent et persécutent sans cause. ”
R. von Krafft-Ebing, Étude Médico-Légale: Psychopathia Sexualis
“ Comme l'objet sur lequel se concentre l'intérêt sexuel du fétichiste, n'a par lui-même aucun rapport immédiat avec l'acte sexuel normal, il arrive souvent que le fétichiste cesse, par sa perversion, d'être sensible aux charmes normaux, ou que, du moins, il ne peut faire le coït qu'en concentrant son imagination sur le fétiche. ”
Richard von Krafft-Ebing,
Psychopathia sexualis
(1886, éd. allemande)
“ Celui-ci est psychologiquement motivé par le fait que des qualités physiques ou psychiques d’une personne, ou même des qualités d’objets dont cette personne se sert, deviennent un fétiche, en éveillant par association d’idées une image d’ensemble et en produisant une vive sensation de volupté. Il y a analogie avec le fétichisme religieux en ce sens : que bien souvent des objets insignifiants (des os, des ongles, des cheveux, etc.) servent de fétiches et peuvent provoquer des sensations de plaisir qui vont jusqu’à l’extase. ”
