Résumé

E. Chaudoin Trois mois de captivité au Dahomey (1891)

Nos gens ont allumé des torches, la lumière brille et se reflète sur leur dos noir fumant de sueur. Au bout d'une heure les torches s'éteignent, il fait trop humide pour les rallumer. Nous commençons à être glacés et trempés par la rosée, et le chemin devient de plus en plus impraticable. Bravement nous attrapons chacun un soldat de l'escorte par son pagne, et, enjambant par-ci, sautant par-là, nous nous laissons conduire. Après quelques heures encore de marche dans ces conditions, qui nous paraissent des lieues, le sol s'améliore enfin et nous sentons la terre douce sous nos pas.
Source : Gallica

E. Chaudoin Trois mois de captivité au Dahomey (1891)

Elles sont là quatre mille guerrières, les quatre mille vierges noires du Dahomey, gardes du corps du monarque, immobiles aussi sous leurs chemises de guerre, le fusil et le couteau au poing, prêtes à bondir sur un signal du maître.
Vieilles ou jeunes, laides ou jolies, elles sont merveilleuses à contempler. Aussi solidément musclées que les guerriers noirs, leur attitude est aussi disciplinée et aussi correcte; massées en ordre de chaque côté du trône, les chéfesses à l'écart et en avant sont près du roi sous leurs parasols, reconnaissables à leur air fier et résolu.
Source : Gallica

E. Chaudoin Trois mois de captivité au Dahomey (1891)

Si vous sortez de la ville pour vous promener ou chasser, vous êtes surveillé à distance, le plus souvent sans vous en apercevoir, par les gens du décimère. Si vous essayez de sortir du Dahomey sans permission, les décimères s'avancent vers vous et vous disent que les chemins sont fermés pour les blancs, et malheur à vous si vous voulez forcer la consigne. A certaine époque de l'année, au moment des coutumes religieuses, à certains jours, on ferme tous les chemins aux Européens, pour qu'ils ne puissent assister aux sacrifices et pour éviter ainsi leurs récriminations sur les coutumes barbares.
Source : Gallica

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