Alfred Gassier

Élements biographiques

Alfred Gassier L'aventure de Perdita (1882)

Demain, à son réveil, dites-lui que celui qui l'aime plus qu'il n'aime le roi, et l'adore plus qu'il n'adore Dieu, s'absente, mais reviendra.
Le jeune homme s'arrêta. Des sanglots lui emplissaient la gorge ; des larmes brùlantes montaient à ses paupières et débordaient presque sur ses joues.
Il resta longtemps muet, sans bouger, pressant au
hasard les mains qui se tendaient vers lui. Autolycus, stupide, s'était détourné. Le carme et Spiravento cherchaient en vain leurs paroles.
Les adieux faits, Florizel parti, les bohémiens se regardèrent : — Je ne me charge pas de parler à l'enfant.
Source : Gallica

Alfred Gassier L'aventure de Perdita (1882)

Aben-Abar sourit, et, tranquillement, lâchant les mains du roi, lui dit : — Bien, sire. Vous êtes ce qu'il faut être.
Il alla à la fenêtre et y appela Léontès. La mer était couverte de lumière; les phosphorescences qui, tout à l'heure, couraient follement sur elle, semblaient maintenant s'étendre comme un manteau, et, le ciel étant noir, c'était de l'eau que venait la clarté.
— Voyez, fit le mage, les vagues ont creusé peu à peu la roche ; d'invisibles ouvriers ont taillé dans la pierre, jusqu'à la fenêtre, un escalier aérien par où montent et descendent les esprits de la mer.
Source : Gallica

Alfred Gassier L'aventure de Perdita (1882)

Si la noblesse a menti, c'est que les trônes vont crouler partout et que la Sicile et le monde vont périr !
Sire, lorsqu'il s'agit d'honneur, les chevaliers sont la voix de Dieu! La bouche ne ment pas lorsque le bras porte l'épée !
Et, d'une voix éperdue, le vieillard cria encore : — Messeigneurs, jurez-vous tous sur Dieu que la reine est morte innocente ?
Alors on entendit un chœur profond comme le chant d'une forêt où le vent murmure, et ces mots retentirent: — Nous le jurons !
Le roi s'était tenu immobile et l'œil fixe pendant ces formidables assises.
Source : Gallica

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