Antoine-Gabriel-Aimé Jourdan

Élements biographiques

Antoine-Gabriel-Aimé Jourdan Mémoires sur les journées de septembre 1792… (1858)

Il est évident que l'on voulait alors me sauver ; mais l'arrêté rendu par trois scélérats de la section de l'Arsenal, dans la nuit qui précéda le 2 septembre , avait changé toutes ces bonnes dispositions. Ma perte venait une seconde fois d'être jurée. Déjà on se disposait à l'affreux massacre ; nous touchions au moment fatal. On nous apporte à dîner : il était deux heures ; on entend tirer le canon d'alarme; chacun des prisonniers s'en étonne. Un trouble subit agite toutes les âmes; tout y jette l'épouvante et l'horreur.
Source : Gallica

Antoine-Gabriel-Aimé Jourdan Mémoires sur les journées de septembre 1792… (1858)

Les massacres se faisaient sous ma fenêtre; les cris des victimes, les coups de sabre qu'on frappait sur ces têtes innocentes, les hurlements des égorgeurs, les applaudissements des témoins de ces scènes d'horreur, tout retentissait jusque dans mon cœur.
Je distinguais la voix même de mes camarades qu'on était venu chercher la veille à la mairie; j'entendais leurs questions et leurs réponses. On leur demandait s'ils avaient fait le serment civique. Aucun ne l'avait fait ; tous pouvaient échapper à la mort par un mensonge
Source : Gallica

Antoine-Gabriel-Aimé Jourdan Mémoires sur les journées de septembre 1792… (1858)

Je sortis de ma voiture, dit madame de Staël dans son ouvrage sur la Révolution, au milieu d'une multitude armée, et Je m'avançai sous une voûte de piques. Comme je montais l'escalier, également hérissé de lances, un homme dirigea contre moi celle qu'il tenàit dans sa main.
Mon gendarme m'en garantit avec son sabre. Si j'étais tombée dans cet instant, c'en était fait de ma vie; car il est de la nature du peuple de respecter ce qui est encore debout; mais, quand la victime est déjà frappée, il l'achève.
Source : Gallica

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