Auteur : Pierre de Ségur, Revue des Deux Mondes
“ Jamais, d’après les témoins oculaires, ne vit-on mêlée si ardente et si effroyable carnage. Des pentes rapides de la colline le sang coulait en longs ruisseaux ; les rues étroites du bourg étaient « non pas jonchées, mais comblées » de cadavres ; et çà et là l’amoncellement des morts formait comme de hautes barricades, sur le sommet desquelles se battaient les vivans. Cette lutte se poursuivait avec des chances et des alternatives diverses, quand un message pressant en arracha Guillaume d’Orange : le retranchement de face était forcé, la cavalerie française était dans le camp des Alliés ! ”
