Raoul de Sénevas

Élements biographiques

Raoul de Sénevas Le siège de Paris, 1870-1871, souvenirs personnels d'un volontaire (1871)

Nous voyons alors les hommes de Tibaldi rangés en bataille et nous couchant en joue. Je sens derrière moi les fusils de mes carabiniers qui s'abaissent, un grand malheur va arriver! Par une inspiration soudaine, je commande de toutes mes forces : « Crosses en l'air 1 » Ce cri est répété; les tirailleurs de Tibaldi obéissent, les miens aussi, et j'éprouve la satisfaction d'éviter encore l'effusion du sang. Nous formons la haie, et la légion de Tibaldi sort et descend l'escalier sans essayer de résistance. Ces hommes nous regardent avec étonnement; ils sont forcés de reconnaître notre courage.
Source : Gallica

Raoul de Sénevas Le siège de Paris, 1870-1871, souvenirs personnels d'un volontaire (1871)

On envoya des hommes de corvée chercher un peu de nourriture qu'on avala debout, et nous prîmes position devant la Gare-aux-Bœufs, déployés en tirailleurs pour appuyer les marins, qui attaquaient ce point avec de l'artillerie de campagne; derrière nous, étaient massées des troupes et de la mobile. Nous vîmes tomber des artilleurs, des marins; les blessés qu'on rapportait traversaient nos rangs. Les obus prussiens furent bientôt dirigés sur nous; on nous fit coucher et, en quelques minutes, je comptai cinq obus passant précisément au-dessus de nous et éclatant à quelques mètres en arrière.
Source : Gallica

Raoul de Sénevas Le siège de Paris, 1870-1871, souvenirs personnels d'un volontaire (1871)

Cette brasserie se composait de deux bâtiments principaux assez éloignés l'un de l'autre, un magasin dans lequel les hommes campèrent, exposés à tous les vents, et la maison d'habitation dont l'état-major s'empara. Les fenêtres n'avaient plus de carreaux, les portes étaient défoncées; nous mimes nos sacs de peau sur les planchers, et après un souper plus que léger, la fatigue nous fit dormir, malgré le bruit des batteries du fort qui ne cessaient de tirer et dont les obus passaient en sifflant sur nos tètes.
Source : Gallica

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