René Bouton

Élements biographiques

René Bouton L'infanticide, étude morale et juridique… (1897)

La religion nouvelle réhabilitait les faibles et les petits, les esclaves et les enfants; elle proclamait l'égalité humaine et prêchait la fraternité. Elle ne mettait aucune différence entre l'adulte et le nouveau-né ; l'un comme l'autre avait une âme créée à l'image de Dieu ; l'un comme l'autre devait goûter les délices éternelles, après le baptême reçu ; l'un comme l'autre, à défaut du baptême, était passible de la peine du dam. Tuer un enfant ou tuer un adulte, c'était le même crime aux yeux de l'Eglise.
Source : Gallica

René Bouton L'infanticide, étude morale et juridique… (1897)

Il s'agit là d'une oeuvre sociale, non d'une oeuvre législative. Il faudrait refaire l'éducation du peuple, apprendre aux savants que la science est un moyen, non un but, aux médecins que les patients ne sont pas des sujets d'expérience, aux mères que les enfants sont des êtres humains, qu'ils ont droit à la vie, qu'en la leur arrachant, on commet un crime et non une simple faute. Il importerait de revenir en arrière, d'employer à nouveau le frein moral qu'employa le moyen-âge, il faudrait se souvenir que si la philosophie peut répondre des individus, la religion seule répond des masses.
Source : Gallica

René Bouton L'infanticide, étude morale et juridique… (1897)

D'ailleurs cette question ne doit pas entrer en ligne de compte au point de vue de la loi pénale : ce que frappe cette loi, c'est l'intention ; cela est évident, puisqu'elle punit la tentative de la même peine que le crime. Or l'intention criminelle préside aussi bien au meurtre de l'enfant non viable qu'à celui de l'enfant viable; le châtiment doit donc être le même pour les deux cas. Le fondement de notre législation répressive n'est pas seulement un droit de défense sociale, c'est quelque chose de beaucoup plus complexe.
Source : Gallica

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