Albert Malaurie

Résumé

Albert Malaurie Revue des Deux Mondes

Puissions-nous assurer à ces Rhénans les vivres que Berlin leur refuse ! Quand nous leur offririons toutes les richesses de notre commerce, tous les charmes de notre esprit, comment les arracherions-nous aux mauvais bergers de l’Est, s’ils n’ont pas de quoi manger ? Pour les Français des pays occupés autant que pour la population, un ravitaillement abondant, voilà bien, je crois, la première nécessité.
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Albert Malaurie Revue des Deux Mondes

C’est le gouvernement qui donne lui-même : voici le Ministre berlinois du Reich David qui vient, en grand apparat, à Mayence affirmer que l’Empire connaît la misère des pays rhénans depuis l’armistice, mais compte bien que l’occupation ne durera pas quinze ans.
Aussi la population n’est-elle plus tout à fait la même à notre égard. Ce n’est pas la bonasserie aimable du début : chez beaucoup, c’est de la réserve, chez certains, de la défiance ; trop de fonctionnaires sont même insolents. On sent que tout ce monde est inquiet du lendemain, et craint de se compromettre avec les Français.
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Albert Malaurie Revue des Deux Mondes

Que de Rhénans décidément ont séjourné en France !
Celui-là n’est pas aussi catégorique que Mme S. Il parle d’ailleurs douloureusement de « la misère de la pauvre Allemagne, » et il paraît croire que la guerre est due à l’agression des Français et des Belges. Quel que soit son goût de la culture française, il n’aime guère notre occupation : « Vous nous avez accablés de soldats, » dit-il. Je vois bien que les attaques des journaux prussiens ont porté sur lui : il est convaincu que nos troupes accaparent en ce pays logements et vivres.
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