Julien Rovère

Résumé

Julien Rovère Revue des Deux Mondes

La prochaine guerre, avait-il écrit, doit rendre la Prusse seule maîtresse dans l’Empire allemand. C’est pour cela que nous autres Bavarois, nous sacrifierons des millions de notre argent et des centaines de mille de nos meilleurs hommes. La guerre future a pour la Bavière une importance particulière : elle décidera de son existence ou de sa non-existence. Si elle se termine par notre défaite, il arrivera ce qui pourra de l’Empire allemand, mais le vainqueur a un grand intérêt à nous ménager. Si l’Allemagne sort de la lutte absolument victorieuse, comme en 1870, que deviendra la Bavière ?
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Julien Rovère Revue des Deux Mondes

« Lieber bayrisch sterben als œsterreichisch verderben : Plutôt mourir Bavarois que de pourrir sous l’Autriche, » dit un proverbe que connaissent tous les sujets des Wittelsbach. On n’a pas oublié dans le peuple les souffrances endurées pendant le XVIIIe siècle. On sait que seule la crainte de Frédéric II a empêché Marie-Thérèse d’annexer la Bavière pour se dédommager d’avoir perdu la Silésie. Sous Napoléon, c’est contre l’Autriche qu’on s’est battu ; c’est elle que l’on a dépouillée sans le moindre remords, et même avec une joie que l’on n’a pas dissimulée.
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Julien Rovère Revue des Deux Mondes

La France seule apporterait un utile secours. Il était stupide de penser, proclamait-il, que le parti du Centre devait être animé de sentiments allemands et qu’il devait soutenir l’Empire. Que signifiaient ces exigences de la Prusse ? Elle-même n’avait-elle pas fait appel à l’étranger, aux Suédois, aux Italiens, aux Hongrois pour satisfaire ses visées ? Ce qu’elle entend par égards pour la nation, c’est la fidélité qu’elle réclame en sa faveur. Il ne faut pas être dupe. L’hégémonie prussienne est mûre pour l’anéantissement, et l’on reconstruira l’Allemagne sur de meilleures bases.
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