Antoine Thomas

Résumé

Antoine Thomas Revue des Deux Mondes

Le repos final ne sera gagné que quand nous aurons remonté de proche en proche jusqu’aux dernières limites de la connaissance. L’étymologie est comme une tranchée large et profonde que nous creusons dans l’histoire de l’humanité à perte de vue, c’est-à-dire tant que nous trouvons devant nous des hommes, et qui ont parlé.
À envisager ainsi les choses, on peut dire que les Grecs et les Romains, à qui nous devons tant dans le domaine de l’art, de la philosophie ou même des sciences naturelles, ne nous ont rien laissé de solide sous le nom d’étymologie.
Source : Wikisource

Antoine Thomas Revue des Deux Mondes

Ayant le vaste champ de l’histoire de France devant elle, l’étymologie s’y est plus d’une fois égarée, parce qu’elle n’a pas su dégager le point essentiel des accidens de toute sorte qui l’entourent. Ce point essentiel, véritable pivot de notre histoire, c’est la conquête de la Gaule par les Romains, et par suite l’identité foncière de la langue des Romains et de la langue des Français. Ceux qui prétendent, au nom de l’histoire, expliquer le tréfonds de notre langue par le gaulois ou par le grec, ne comprennent pas les leçons de l’histoire.
Source : Wikisource

Antoine Thomas Revue des Deux Mondes

Et pourtant, depuis 1618, Westphalie est resté, comme auparavant, un simple nom propre, celui d’une province d’Allemagne, tandis que le nom de Mlle de Fontanges a fait brèche dans notre vocabulaire courant et que plusieurs générations ont appelé fontange une parure de tête que la favorite avait mise à la mode. Si l’étymologiste doit tout connaître de l’histoire, il n’en utilise souvent que la menue monnaie. Mais que de variété, d’imprévu, de piquant dans la collection de ces noms propres de personnes, de peuples ou de pays, qui se sont successivement incorporés dans le langage commun !
Source : Wikisource

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature