Armand Durantin

Résumé

Armand Durantin Un jésuite de robe courte (1870)

Ercelier l'embrassait et lui répondait.
— Tu n'es pas raisonnable, le couvent n'est pas plus effrayant que la pension.
— Tu as sans doute raison, murmurait Laurentine, et j'ai tort; mais je ne sais pourquoi j'éprouve une horreur insurmontable et involontaire pour cette maison cloîtrée. Vois-tu, père, ajouta-t-elle un jour avec une résignation douloureuse, tu peux m'y conduire, j'y entrerai vivante, j'en sortirai morte.
Sans pouvoir répondre, Ercelier pressa sa fille sur son cœur, et il puisa, dans son émotion, du courage pour deux ou trois semaines.
Source : Gallica

Armand Durantin Un jésuite de robe courte (1870)

L'enseignement que tu tires de cet évangile n'est pas le mien. Le mien, écoute-le : Marthe! c'est la société qui crée, sème, laboura et récolte à la sueur de son corps ; Marie ! c'est le couvent inutile et paresseux qui prie sans fatigue et sans peine, et qui crèverait de faim si Marthe n'avait fait pousser le blé, si Marthe n'avait construit le moulin et chauffé le four. Marthe ! c'est la ruche des abeilles qui butine le miel et la cire ; c'est la fourmi qui remplit ses magasins pour l'hiver; c'est l'artisan prévoyant; c'est le monde moderne enfantant des prodiges par la sainte loi du travail
Source : Gallica

Armand Durantin Un jésuite de robe courte (1870)

Il n'est jamais glorieux de briser la vie d'un homme; d'éteindre, dans le cœur des enfants, l'amour qu'ils doivent à leur père; et de sacrifier la famille au fanatisme. Un pas de plus derrière ce char, et nous prenons cette foule pour juge.
Pingard sembla hésiter. Enfin la prudence l'emporta sur l'amour-propre, et il répondit : — Mon caractère m'interdit une pareille lutte. Je me retire devant un acte de violence, et je vais prier pour Ercelier, pour vous aussi, Messieurs.
— Oh! je vous en dispense, répliqua sur-le-champ Caron qui haussa les épaules.
Source : Gallica

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