Auguste Moreau

Résumé

Auguste Moreau Revue des Deux Mondes

C’est le public tout entier qui profite du privilège, par le seul fait de l’existence du billet de banque. C’est le public qui bénéficie de la création, due à près d’un siècle d’exercice du privilège, de cette monnaie fiduciaire dont le montant dépasse aujourd’hui trois milliards, et qui est si solidement établie, fondée sur des assises à ce point inébranlables, que pas même une catastrophe comme celle de la guerre de 1870-71 ne lui a porté la plus légère dépréciation. La véritable rémunération du privilège d’émission, la voilà !
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Auguste Moreau Revue des Deux Mondes

Faut-il penser pour cela que le conseil général de la Banque de France soit constamment préoccupé des moyens de tenir l’escompte à un taux élevé, disposé à saisir toutes les occasions de le porter d’une unité ou d’une demi-unité plus haut ? Une foule de gens n’hésitent pas à dire, en effet, que la Banque de France, établissement privé, exploite le commerce, et que, si elle devenait Banque d’État, les commerçans obtiendraient le crédit avec des facilités bien plus grandes au point de vue des sommes demandées, et à bien meilleur compte au point de vue du taux de l’intérêt à payer.
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Auguste Moreau Revue des Deux Mondes

On ne conçoit pas un établissement comme la Banque de France autrement que comme un mécanisme d’une puissance extraordinaire dont la fonction est de rendre à la masse de la population, dans l’ordre commercial et financier, le plus de services possible. Que la Banque, depuis les premiers temps de son existence, ait rendu de grands services au public, qu’elle en ait surtout rendu de très grands dans les vingt-cinq dernières années, et qu’elle en rende en quelque sorte chaque nouvelle année un peu plus que les années précédentes, c’est ce que personne n’aurait l’idée de nier.
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