Résumé

Portrait de Benjamin Constant Benjamin Constant Questions sur la législation actuelle de la presse en France et sur la doctrine du ministère public… (1817)

Il faut , comme on l'a dit, à la tribune des Députés, que les plaintes respectueuses de la Nation parviennent aux pieds du trône : et ces plaintes ne sont point circonscrites dans la sphère des vexations individuelles. Tout ce qui nuit au bien-être national est de leur ressort. Une mauvaise loi sur l'industrie, sur le commerce, un mauvais impôt font un antre mal, mais n'en font pas moins, peuvent en faire plus momentanément qu'une violation des droits des citoyens. La liberté de la presse est là pour que les défauts de toutes les lois soient indiqués au pouvoir qui les propose et les améliore.
Source : Gallica

Portrait de Benjamin Constant Benjamin Constant Questions sur la législation actuelle de la presse en France et sur la doctrine du ministère public… (1817)

Il s'abstient de paraître et il confie sa défense à un avocat devant le tribunal d'appel, et sa non comparution est interprétée en confession de son crime, et M. l'avocat du Roi le peint comme honteux de sa faute et craignant l'oeil de la justice (1) . Dans le second procès, le prévenu se contente de relire les phrases de l'autorité accusatrice : on le taxe d'ironie (2) . Ne pouvant faire imprimer sa justification, il y renonce : on le menace de le condamner par défaut.
Ainsi, la défense constitue un délit; le silence entraîne la coutumace ; la présence est un danger; l'absence un aveu.
Source : Gallica

Portrait de Benjamin Constant Benjamin Constant Questions sur la législation actuelle de la presse en France et sur la doctrine du ministère public… (1817)

Quand il s'agit d'un vol ou d'un meurtre, l'autorité n'est nullement compromise par l'absolution du prévenu ; car elle a simplement requis d'office l'investigation d'un fait. Mais dans la poursuite des écrits, l'autorité paraît avoir voulu faire condamner une opinion; et l'absolution de l'écrivain ressemble au triomphe de l'opinion d'un particulier sur celle de l'autorité. Les tribunaux ne sauraient alors juger impartialement; institués par l'autorité , ils en font partie; ils ont un intérêt de corps avec elle. Ils pencheront toujours pour l'autorité contre l'écrivain.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature