Résumé

Charles Bocher Prise de Narah, souvenirs d’une expédition dans le Djebel-Aurès

C’est pour accroître leur population que les Ouled-Abdi facilitent le plus possible le mariage en se donnant entre eux leurs filles au plus bas prix. Les conditions pour un étranger sont bien moins favorables que pour un homme de la tribu. Dans un pays où les mariages sont si faciles, où le divorce s’accomplit avec des formes si expéditives, l’adultère n’a point d’excuse ni de pardon; le mari a le droit de tuer quiconque dans sa maison outrage son honneur. Une aventure de ce genre, suivie du meurtre d’un parent de Bel-Abbès, caïd de Menah, fut une des causes de la première révolte de Narah.
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Charles Bocher Prise de Narah, souvenirs d’une expédition dans le Djebel-Aurès

Un taleb, selon les Arabes, n’est pas un homme; qu’a-t-il à se mêler aux guerriers? Une mère disait un jour à son mari : « Notre fille veut à toute force goûter du mariage; c’est une rage, une frénésie, mais comment faire? (Les guerriers, les jeunes gens de la tribu étaient en razzia, en guerre.) — Comment faire? dit le père. Donnons-la au taleb en attendant que nous puissions la donner à un homme. »
Il n’y a pas de position plus pittoresque que celle de Menah, s’élevant au-dessus de l’Abdi avec sa ceinture de vergers plantés et étages comme des escaliers.
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Charles Bocher Prise de Narah, souvenirs d’une expédition dans le Djebel-Aurès

Trois chemins conduisent à Narah de la vallée de l’Oued-Abdi. L’un, sur la rive droite, escalade des mamelons escarpés et rocailleux, où le fantassin marche péniblement en s’aidant de ses mains, où le cavalier traîne son cheval derrière lui. Les deux autres, qui ne sont guère plus praticables, suivent les contreforts de la rive gauche et aboutissent aux maisons des Ouled-Sidi-Abdallah. L’Oued-Narah a sa source dans un col qui mène, à travers le Djebel-Lazerek, dans le bassin de l’Oued-Abiad.
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