Christine Trivulce de Belgiojoso

Résumé

Christine Trivulce de Belgiojoso Rachel, Histoire Lombarde de 1848…

Tu me parles de tes sentimens, à toi, comme étant ceux de ma famille entière, et tu verses des larmes pendant que les yeux de mes frères sont secs! Je m’en étonne, j’ai tort : les femmes ont les larmes plus promptes que les hommes; c’est là toute la différence. — Paolo, s’écria l’orpheline, ne parle pas ainsi! Jamais je ne t’ai vu si cruel! — Encore! en quoi donc suis-je cruel? Je rends justice à la grandeur, à la générosité de ton cœur; mais, que veux-tu?
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Christine Trivulce de Belgiojoso Rachel, Histoire Lombarde de 1848…

Enfin le bon fermier en vint jusqu’à destiner à sa favorite le plus grand bonheur dont il pût disposer, c’est-à-dire la main de son fils aîné. — Rachel est pauvre, se dit-il, et mon fils pourrait prétendre à de meilleurs partis; mais est-ce la dot que ma femme m’a apportée qui m’a fait l’heureux vieillard que je suis aujourd’hui, qui m’a donné tant de joies et épargné tant de douleurs? Aurais-je été moins heureux si ma femme ne m’eût rien apporté qu’elle-même? Rachel est douce, elle est bonne, honnête et naïve; il y a quelque chose en elle qui chasse la mauvaise humeur et qui appelle la joie.
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Christine Trivulce de Belgiojoso Rachel, Histoire Lombarde de 1848…

Chaque fois qu’un des garçons avait atteint l’âge d’entrer au collège, le marchand de fromage avait livré bataille aux vieux Stella, mais inutilement. Lorsque le tour du plus jeune fut venu, l’homme du monde revint à la charge, et avec plus d’ardeur que jamais, car c’était sa dernière chance. — Ton système d’éducation, dit-il un jour que le fermier s’était vanté de n’avoir rien enseigné à ses fils au-delà de ce que lui-même avait appris dans son enfance, ton système pourrait être bon, si ta femme et toi deviez vivre éternellement; mais tu es mortel, n’est-ce pas?
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