Résumé

Couronne poétique de Napoléon… (1840)

Pour son héros tombé la France s'est émue ; Loin d'elle il attendait sur le vague Océan.
Tout-à-coup, je ne sais quel remords l'a saisie.
L'aigle s'est fait vautour, et la mère-patrie A redemandé son enfant !.
Hélas ! qu'en restait-it ?. Une froide poussière, Un informe débris, une inerte matière, Que le souffle de Dieu quitta.
De la tombe muette un effrayant mystère, Du néant des grandeurs l'expérience amère, Un nom que chacun répéta !
Lorsque venait le soir, sur la lointaine plage, La grande ombre plaintive et terrible à-la-fois, Criait : malheur! malheur! ô moderne Carthage; Malheur!
Source : Gallica

Couronne poétique de Napoléon… (1840)

« Mon vote, ce matin, a sauvé la patrie, « Napoléon ne rentre pas. »
Quelle ardeur, disaient-ils, à remuer la terre !
A fouiller un cercueil, on ouvrait un cratère.
Des morts on violait le droit.
Et l'île et le tombeau, tout était volcanique.
La foudre eût, à les croire, été moins électrique Que ton pauvre front chauve et froid.
Pour qu'un jour, sans péril, à ta cendre proscrite, La France décernât l'honneur d'un dernier gîte Et te fît l'aumône d'un port, Il fallait que, sur nous, que, sur ta tombe aride, Passât et repassât le Temps, voleur qui vide Le cœur de tout noble transport.
Source : Gallica

Couronne poétique de Napoléon… (1840)

Ce n'est pas l'empereur que le ciel te renvoie : — Regarde ce vaisseau qui vient !
Là bas, à l'horizon, ce point noir qui s'approche, C'est l'aigle qu'on avait cloué sur une roche Et qu'on rapporte mort sur un navire en deuil : Cette voile, c'est lui ! c'est son ombre exilée : —
Celle sombre carène au large signalée Porte César et son cercueil
Oh ! pour la recevoir, cette cendre guerrière, Joins la salve tonnante à la sainte prière !
Qu'au passage du chef nul ne soit en défaut !
Qu'aux triomphes passés succède un deuil austère : Car ce n'est plus un trône, un pavois militaire
Source : Gallica

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