Résumé

De l'état de la France sous la domination de Napoléon Bonaparte… (1814)

L'idée qui domine tous les esprits, c'est qu'il n'y a plus qu'heur et malheur dans l'Etat. C'est une loterie qu'on y tire, où il faut se préparer son lot par la souplesse, par l'intrigue , par le mensonge, par tout ce qui fait glisser avec succès entre mille écueils. Aussi lorsque vous étiez frappé de quelqu'acte injuste ou arbitraire , soit de Bonaparte, soit de ses ministres, vous n'inspiriez plus aucun intérêt. « De quoi diable vous plaignez vous? disait un ministre à une victime d'un acte de ce genre ; nous sommes sur un vrai champ de bataille. »
Source : Gallica

De l'état de la France sous la domination de Napoléon Bonaparte… (1814)

Il n'y a point d'institution, telle sacrée qu'elle soit , qui tienne à l'indifférence des peuples ; elles ne peuvent fleurir et se soutenir que par son attachement sincère. Mais cet attachement n'est désintéressé que dans les discours des rhéteurs. Si ce qui doit être pour la nation l'objet d'un véritable culte, mais d'un culte sincère, n'est employé qu'à son asservissement, elle se fait bientôt des idoles; il se fait une littérature, une philosophie, une religion de désespoir : c'est ce que l'histoire nous apprend encore.
Source : Gallica

De l'état de la France sous la domination de Napoléon Bonaparte… (1814)

L'esprit de l'armée vicié déjà par Bonaparte , comme général en chef en Italie , s'est corrompu par degrés au point où nous l'avons vu , et n'est plus devenu qu'une complicité générale dans le système de spoliation et de pillage qui a été annoncé officiellement comme le but de la guerre. La guerre a pris ce caractère farouche qu'elle avait dans les temps de révolution et de violences journalières , que nous lisons avec horreur dans l'histoire ancienne. La religion du droit du plus fort, exaltée par notre littérature d'une manière effrayante, semblait être devenue la religion de l'état.
Source : Gallica

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