E. Gros-Kost

Résumé

E. Gros-Kost Courbet, souvenirs intimes (1880)

Être le dépositaire des pinceaux et de la palette de M. Courbet, il y avait de quoi lui créer des jaloux dans toute la Franche-Comté.
Aussi, fallait-il le voir s'avancer avec son illustre ami le long des haies, sur la lisière des bois de sapins, sur la crête de la montagne, dans les sentiers qui filent à travers les blés.
Ses instincts artistiques étaient alors fortement surexcités, et lorsqu'au détour d'une route, un paysage digne d'être reproduit s'offrait à son regard, il s'arrêtait. — Il s'arrêtait et tournait la tête vers le peintre.
Source : Gallica

E. Gros-Kost Courbet, souvenirs intimes (1880)

Or, ceci est un livre sincère, — trop sincère même, au dire de quelques camarades de Courbet, — et si l'on veut se souvenir des bonnes paroles que Montaigne, le maître, a placées en tête de ses Essais, nous sommes presque assuré de voir naître ces encouragements qu'il est si doux de recueillir, — mais dont, à la rigueur, on saurait passer.
Tous les novateurs sont des enfants du peuple. Il semble qu'en s'élevant dans la hiérarchie sociale, l'être humain perde cette fécondité cérébrale d'où procède l'idée forte, robuste, dominatrice.
Source : Gallica

E. Gros-Kost Courbet, souvenirs intimes (1880)

Pendant que Courbet, le pinceau au poing, avançant, reculant, clignant de l'oeil, travaillait, le savant causait, — et, donnait une touche par-ci, une touche par-là, prêtant une oreille, modifiant une couleur, retenant un mot, tant bien que mal, Courbet s'instruisait. Mais quel emploi étrange faisait-il des notions qu'il recevait !
Un exemple :
Auguste M... lui avait appris un jour que chez certains peuples, il est d'usage de donner un repas des funérailles. Les amis se rassemblent. On parle du mort. On mange un morceau. On boit à la santé des survivants, et l'on s'en retourne consolé.
Source : Gallica

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