Paul Collin

Résumé

Paul Collin G. Courbet et son oeuvre (1868)

Quelqu'un habite le paysage de Courbet : c'est le paysan qui se voit là-bas, arpentant le chemin, c'est le chasseur embusqué à la lisière du bois, c'est un loup, un chevreuil, une bête quelconque, tragique ou pacifique, sorte de synthèse de la solitude.
Cela n'a pas l'énormité de certaines visions dantesques de Th. Rousseau, où ce vaste esprit est tourmenté par l'étrangeté formidable du grand Pan et qu'il peuple de larves et de fantômes, mais cela est plus près de la nature, et quelquefois cette simplicité du paysan réaliste l'emporte sur le lyrisme grandiose du peintre lettré et idéaliste.
Source : Gallica

Paul Collin G. Courbet et son oeuvre (1868)

Cet art sensuel, si amoureux de la vie, s'imprime avec volupté sur la rétine de ses larges yeux ronds, très-doux, et il ne l'abandonne que pour absorber l'héroïsme nerveux de la peinture espagnole.
Ce sont là ses contemplations.
La belle élégance des Italiens le laisse tranquille ; il a le dédain de tout ce qui n'est pas la proportion exacte et l'accent nature.
Quand il passe devant le Massacre de Scio, il hausse les épaules, un peu étourdi, ne comprenant pas.
Ce jeune homme est Gustave Courbet.
Il arrive de ses champs, en sabots, avec une obstination de paysan qui n'a peur de rien.
Source : Gallica

Paul Collin G. Courbet et son oeuvre (1868)

Il y a Delaberge, l'œil photographe ; mais il y a aussi l'œil peintre, c'est-à-dire Hobbema, Constable, Millet, Rousseau. Or, chez ceux-ci, les feuilles naissent une à une sous le pinceau et leur travail est semblable à un printemps perpétuel.
C'est qu'en effet, une œuvre d'art ne s'improvise pas plus que ne s'est improvisée la création. Les paysages du Bon Dieu ont mis cent ans, mille ans à se faire; ils ont germé grume par grume, pendant des siècles, avant de s'étaler dans leur parachèvement radieux.
Source : Gallica

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