Edmond Jaloux,
Le pays des fantômes
(1948)
“ Edla vieillirait toute seule, car Jean ne reviendrait jamais, et un jour elle se sentirait si abandonnée et si trahie par tous, si désolée enfin qu'elle l'appellerait au secours, lui, Tony Brussol. Ah ! pensait-il alors, comme il lui écrirait avec une joie sauvage qu'il l'avait enfin oubliée ! Et elle apprendrait combien il en coûte à l'être humain de n'avoir pas conservé les rares affections sincères que le destin lui avait ménagées. Mais si cette lettre arrive jamais, s'était-il dit avec plus d'indifférence, elle ne me fera ni froid ni chaud, car j'aurais vraiment oublié Edla. ”
