Emma Bailly

Résumé

Emma Bailly Une fille laide (1878)

Le grand levier vous aidera à soulever autour de vous les idées et les choses, à faire le bien et le beau.
Elle secoua la tête.
- Non, non, je suis trop faible pour l'horizon que vous m'ouvrez. Avant d'y faire un pas en avant, je m'en épouvante. Si c'était Paula.
Aubin tressaillit, et d'une voix troublée : — Si c'était Paula!. Ne faites jamais ce souhait imprudent ; ne prononcez pas ce mot de regret ! La marquise avait bien jugé, du fond de son austère pénétration, que la nature de Paula, toute d'entraînement et de charme, porterait mal le dangereux fardeau de la fortune.
Source : Gallica

Emma Bailly Une fille laide (1878)

Vous avez compris tout de suite, tout de suite, que l'on mourait d'ennui dans les ruines.
— Paula, dit doucement la sœur aînée, il ne faut point médire de notre asile.
— Pourtant, chère petite, protesta lady Margaret, êtes-vous bien sûre que votre vieux château ne soit infiniment plus triste qu'une prison d'État ?
— Ah! madame, si triste que soit Brébion, il nous abrite depuis que, tout enfants, nous avons perdu notre père et notre mère. Nous devons respecter la vie qu'on y mène, fût-elle arriérée d'un demi-siècle, parce que c'est la vie choisie par notre bienfaitrice.
Source : Gallica

Emma Bailly Une fille laide (1878)

Paula ne jugea point bon de paraître le remarquer. D'ailleurs, elle opinait, à part elle, qu'Aubin prenait à tout ce qui émanait de l'hôtel Saint-Èbre un peu plus d'intérêt qu'il n'eût fallu.
Ce fut avec l'aide d'Aubin qu'Étiennette, surmontant sa faiblesse physique par une force d'âme toute virile, rendit les derniers devoirs à la marquise.
Elle veilla, priant avec son compagnon d'enfance, devant la lugubre couche. Elle ensevelit la morte ; elle déposa un baiser pieux sur ses rares cheveux blancs avant d'abaisser le couvercle du cercueil.
Source : Gallica

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