Emmanuel Henri Victurnien Noailles

Résumé

Emmanuel Henri Victurnien Noailles Un minimum de constitution (1871)

C'est un peu la mode aujourd'hui de regarder une Constitution comme un luxe-inutile. Une Assemblée nommée à la hâte, sans mandat défini, et qui durera ce qu'elle pourra durer, un pouvoir exécutif choisi par cette Assemblée, pouvoir responsable, mais en même temps inamovible, tant qu'existera du moins l'Assemblée, telles sont les institutions élémentaires, mais peu logiques, on l'avouera, qui suivant certains esprits doivent suffire à nous régénérer.
Source : Gallica

Emmanuel Henri Victurnien Noailles Un minimum de constitution (1871)

Une République n'a pas, plus qu'aucune autre forme de gouvernement, des vertus intrinsèques qui lui permettent d'échapper aux lois naturelles qui régissent l'ordre de choses qu'on appelle la politique. L'Etat est la création réfléchie de la volonté nationale, et tout législateur est créateur. Un peuple, considéré au point de vue politique, est une sorte d'être collectif supérieur qui se distingue du reste de la création en ce qu'il est luimême, en quelque sorte, son propre créateur. Mais ce pouvoir de création qu'il exerce sur soi, il peut en abuser ou le manier maladroitement.
Source : Gallica

Emmanuel Henri Victurnien Noailles Un minimum de constitution (1871)

Cette égalité absolue de tous les partis devant la loi constitutionnelle, cette admissibilité de tous au pouvoir, le jour où ils parviennent à réunir la majorité du pays, n'est pas seulement l'unique moyen de fonder la liberté véritable, c'est aussi la seule garantie certaine de la stabilité des institutions. Autrement le régime parlementaire amènera de continuelles révolutions. S'il existe, en effet, dans un pays des partis exclus par la forme même du gouvernement établi, ces partis ne peuvent que tendre à renverser le gouvernement et doivent forcément procéder par la voie révolutionnaire.
Source : Gallica

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