Eugène Flornoy

Résumé

Eugène Flornoy La Moricière (1903)

Je regardai avec une profonde émotion ce glorieux et loyal soldat, ce vainqueur d'Abd-elKader et des Arabes, qui n'avait jamais connu la défaite, cet héroïque défenseur de la société et de la civilisation chrétienne, aujourd'hui vaincu, prisonnier de guerre, à la merci d'un ennemi obscur qui ne devait ses succès qu'au nombre et à la perfidie. Son teint était pâle ; mais nul sentiment violent ne contractait plus sa belle et noble figure ; bientôt on n'aperçut sur son front que le
calme d'une volonté inclinée sous la main de Dieu.
Source : Gallica

Eugène Flornoy La Moricière (1903)

Mais ce n'est pas impunément que la classe intelligente et riche se dispense de porter le fusil. Votre conscription combinée avec le remplacement ne donne l'habitude de manier les armes qu'aux classes qui souffrent, et elle peut faire naître chez elles la pensée d'avoir recours à la force brutale pour le redressement de leurs griefs. N'y a-t-il pas là pour la liberté un danger maniteste ? En considérant les soldats même sous les drapeaux, est-ce bien là une armée nationale, représentant la partie la plus aisée du pays et décidée en tout temps à respecter et à défendre la loi ?
Source : Gallica

Eugène Flornoy La Moricière (1903)

Permettez à un ancien soldat d'Afrique de vous dire que si jamais, en défrichant vos champs, vous trouvez dans les broussailles une croix de bois entourée de quelques pierres, cette croix vous demande une larme ou une prière pour ce pauvre enfant du peuple, votre frère, qui est mort là en combattant pour la patrie, et qui s'est sacrifié tout entier pour que vous puissiez, unjour, sans même savoir son nom, recueillir le fruit de son courage et de son dévouement.
Source : Gallica

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