F. Allantaz

Résumé

F. Allantaz Vous êtes des blagueurs (1877)

La Liberté, le Progrès, la Mainmorte, les Priviléges, l'Egalité et la Fraternité! Avec ces six blagues, la bourgeoisie démocratique a pu se passer toutes les fantaisies, se payer tous les crimes ; sous ces six blagues ont succombé le noble et l'ouvrier : le noble qu'elle jalouse et dont elle convoite la fortune; l'ouvrier qu'elle méprise et dont elle redoute l'émancipation.
La liberté ! mais qui n'en voudrait pas ? qui même n'en mangerait pas? de la liberté bourgeoise, surtout, de la liberté pour soi? Est-il sur la terre un idiot qui ne se ferait pas tuer pour elle?
Source : Gallica

F. Allantaz Vous êtes des blagueurs (1877)

Soyez ce que vous voudrez, vous appartenez à un culte; et l'action de vous faire enfouir civilement, avec ou sans accompagnement de discours et d'immortelles, n'est encore qu'un effet de la liberté des cultes. C'est le culte du rien, si vous le voulez, mais c'est un culte. Vous êtes libre-penseurs ! et pas un de vous n'oserait professer que l'homme a le droit de commettre un crime défendu par la conscience. Vous êtes libre-penseurs, et vous ignorez que toutes les fautes des hommes sont préméditées par la pensée, et que, toutes, sont condamnées par la conscience.
Source : Gallica

F. Allantaz Vous êtes des blagueurs (1877)

La liberté, blagueurs ! est-elle possible aux déshérités de la fortune? L'ouvrier a-t-il la liberté de se payer des deuxièmes et des premières classes; de partir tous les samedis pour Étretat ou Saint-Valéry? d'épouser la fille instruite et dotée et de se donner un fauteuil au spectacle? a-t-il la liberté de sortir et de rentrer en fiacre, d'avoir des domestiques, de voyager, de faire la saison des eaux, d'aller au cercle, à la chasse, de faire recevoir ses fils bacheliers, licenciés ou docteurs?
Source : Gallica

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