Résumé

Portrait de G. Valbert G. Valbert Les Dernières espérances des amis de la paix

Selon toute apparence, les plénipotentiaires de l’Europe apporteront à la conférence de Constantinople les dispositions les plus conciliantes, un sincère désir de ménager la dignité de la Russie, de lui accorder tout ce qui peut être accordé et de peser sur la Turquie pour qu’elle fasse à la paix générale les sacrifices conciliables avec son existence et son honneur ; mais si la Russie n’est pas elle-même conciliante, si elle ne se relâche pas de ses prétentions, la guerre éclatera à bref délai, et l’Europe sera précipitée dans l’inconnu, dans un avenir plein de menaces et d’embûches.
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Les hommes d’état de Saint-Pétersbourg sont-ils certains de gagner au jeu qu’ils jouent plus qu’ils ne risquent de perdre ? Puisqu’ils s’interdisent à eux-mêmes d’aller à Constantinople, sachant bien que l’Angleterre ne leur permettra jamais de s’y établir, quelle conquête, quel agrandissement de territoire peut compenser à leurs yeux l’affaiblissement que leur causerait une nouvelle atteinte portée par l’Allemagne à ce qui reste de l’équilibre européen et à l’influence que la Russie est appelée à exercer sur les destinées de l’Occident ?
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Représenter les intérêts communs dans un pays où les intérêts particuliers passionnent seuls les esprits, faire de la politique austro-hongroise sans indisposer les Slaves, sans se brouiller avec la Russie, sans trop s’engager avec elle, et de plus avoir toujours le regard dirigé sur Berlin pour tâcher de pénétrer le mystère de la politique allemande, c’est un dur métier, et celui qui le fait mérite qu’on l’admire et qu’on le plaigne.
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