Résumé

Gustave Canton Napoléon antimilitariste : étude d'histoire contemporaine (1902)

Aucune tradition familiale, aucune légende, aucun souvenir d'enfance, sinon le souvenir des froissements, des humiliations d'Autun, de Brienne, de l'Ecole militaire de Paris, ne le rattachent à nous.
Si le patriotisme français consiste à aimer
la France d'un amour filial et désintéressé, Napoléon ne peut être patriote : la France ne fut jamais pour lui une mère, mais la, plus superbe de ses conquêtes, la plus glorieuse de ses proies. Qu'il ait voulu la grandeur et la gloire de la France? Oui, sansdoute ! Mais il aimait la France pour lui-même et non pour elle.
Source : Gallica

Gustave Canton Napoléon antimilitariste : étude d'histoire contemporaine (1902)

Il est humain que chefs et soldats aient pris d'eux-mêmes, de leur rôle, de leur destinée, une très haute idée. Puisqu'ils sont appelés à protéger, à défendre le pouvoir civil, à nourrir les citoyens, ne sont-ils pas supérieurs à ce pouvoir civil ? N'ont-ils pas le droit de regarder les citoyens comme leurs inférieurs et leurs subordonnés? A mesure qu'ils se distinguent et s'isolent ainsi de la nation, les militaires se resserrent, se ramassent en quelque sorte sur eux-mêmes et s'érigent en véritable caste.
Source : Gallica

Gustave Canton Napoléon antimilitariste : étude d'histoire contemporaine (1902)

Que l'armée ne tente pas d'écbapper au contrôle du pouvoir central, que le militaire n'ait pas la prétention de faire la loi au civil, que quiconque porte un pied de fer au côté, une crinière au casque, ne se croie pas au-dessus de la loi et du commun des hommes; surtout que les états-majors, les hauts généraux, les maréchaux empanachés n'oublient pas qu'ils sont de simples fonctionnaires et n'affectent pas des airs d'indépendance, qu'ils prennent garde de jouer au Prince!
Voilà le sens et la portée de l'allocution de Bonaparte au Conseil d'Etat.
Source : Gallica

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