Résumé

Albert Du Casse Histoire anecdotique de l'empereur Napoléon Ier (1867)

Napoléon dit à son frère Joseph, alors à côté de lui dans sa loge : — « Quel précepteur que ce Corneille ! Il faut se figurer que dans un siècle éloigné un poëte tel que lui nous fasse agir et parler comme nous aimons à voir ces Romains; tels qu'il nous représente le grand César en Égypte, la fière Cornélie et l'impassible Auguste. Il faut être tels que nous aimons à les voir ; tels que nous voudrions nous voir et nous entendre si une partie de nous nous survit. Nos enfants ne sont-ils pas au reste une partie de nous-mêmes ? »
Source : Gallica

Albert Du Casse Histoire anecdotique de l'empereur Napoléon Ier (1867)

« Que m'importe, répond- l'Empereur, une nouvelle guerre avec le gouvernement aulique? Si l'Autriche ose tirer l'épée contre moi, elle sera battue et ne s'en tirera pas à si bon marché qu'après la bataille de Marengo, Monsieur Fouché, mêlez-vous de votre police. De si grands intérêts ne vous regardent pas. Je veux être roi d'Italie, et nulle puissance au monde ne m'empêchera de mettre sur ma tête la couronne des rois lombards. » Après cette sortie, dont Fouché resta interdit, Napoléon expliqua avec le plus grand calme les raisons qui le portaient à agir comme il le faisait.
Source : Gallica

Albert Du Casse Histoire anecdotique de l'empereur Napoléon Ier (1867)

« Sire, lui dit l'infortuné grand maréchal du palais, en proie aux plus épouvantables souffrances, je vous attends au ciel, mais je désire que ce ne soit que dans trente ans, afin de vous laisser le temps de faire le bonheur de la France. » Napoléon ne put soutenir la vue du déchirant spectacle qu'il avait sous les yeux. Il revint à sa tente, et s'assit sur un tabouret devant la porte, la tête dans la main. Les grenadiers de la garde le contemplaient tristement et l'on entendit l'un d'eux murmurer : — « Pauvre homme, il a perdu un de ses enfants. »
Source : Gallica

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