Désiré Lacroix

Résumé

Désiré Lacroix Histoire de Napoléon (1928)

Arrivé dans la prairie où l'on faisait sécher les toiles, Napoléon s'arrêta tout à coup, et regardant M. Oberkampf avec surprise : « Quoi, lui dit-il, vous n'avez pas l'étoile de la Légion d'honneur? Non, Sire, c'eût été l'honneur que j'aurais souhaité le plus. Voilà la mienne, continua l'Empereur en la détachant de sa boutonnière et la lui donnant. J'aime à récompenser ceux qui servent leur patrie comme vous. C'est dans vos ateliers qu'on fait bonne et sûre guerre à l'ennemi ! Au moins n'en coûte-t-il pas une goutte de sang au peuple. »
Source : Gallica

Désiré Lacroix Histoire de Napoléon (1928)

Ce fut vers minuit que le colonel Gourgaud, qui avait porté les ordres de Napoléon à Essonnes, vint prévenir l'Empereur de la trahison de Marmont et de la marche du 6e corps. Napoléon refusa d'abord de croire à tant d'infamies. Son regard devint fixe, il se tut et s'assit : « L'ingrat ! s'écria-t-il après un douloureux silence, il sera plus malheureux que moi ! » Napoléon avait le cœur oppressé : son âme sentit le besoin de s'épancher; ce fut à l'armée, à cette fidèle et glorieuse armée, qui ne l'avait jamais abandonné, qu'il voulut confier ses peines.
Source : Gallica

Désiré Lacroix Histoire de Napoléon (1928)

A Sainte-Hélène l'Empereur revenait souvent sur le corps de l'artillerie au temps de son enfance : « C'était le meilleur, le mieux composé de l'Europe, disait-il; c'était un service tout de famille, des chefs entièrement paternels, les plus braves, les plus dignes gens du monde, purs comme de l'or; trop vieux parce que la paix avait été longue. Les jeunes gens en riaient parce que le sarcasme et l'ironie étaient la mode du temps; mais ils les adoraient et ne faisaient que leur rendre justice. »
Napoléon prouva une dernière fois, dans un moment solennel, combien il avait la mémoire du cœur.
Source : Gallica

Chaque jour avec Kwize, l'actualité mise en perspective par la littérature