Résumé

J. Bertrand D’Alembert, sa Vie et ses Travaux

La vertu est en quelque sorte un instinct qui prévient la raison, mais n’y contredit jamais. « Le sage, ajoute d’Alembert, cherche et aperçoit l’union intime des sentimens d’équité naturelle avec leur intérêt propre ; il la découvre à ceux qui ne la voyaient pas et affermit par là les liens qui les unissent. » Ces doctrines, quelque sceptiques qu’elles soient, ne sont que l’expression affaiblie du doute raisonné et convaincu qui forme le trait saillant de l’esprit de d’Alembert.
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J. Bertrand D’Alembert, sa Vie et ses Travaux

Le problème de Saint-Pétersbourg offre, sous l’apparence d’un jeu très modéré, dans lequel on doit vraisemblablement payer quelques francs seulement, des conventions qui peuvent, dans des cas qui n’ont rien d’impossible, forcer l’un des joueurs à payer une somme immense, et la répugnance instinctive qu’un homme de bon sens éprouve à admettre les conditions fournies par le calcul n’est autre chose au fond que la crainte très fondée d’exposer à un jeu de hasard, même équitable, une somme de grande importance avec la presque certitude de la perdre.
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J. Bertrand D’Alembert, sa Vie et ses Travaux

Songez donc, répond d’Alembert, que le bon sens est en prison dans le pays que j’habite. On vient de publier une déclaration qui inflige la peine de mort à tous ceux qui auront publié des écrits tendant à attaquer la religion. Vous me reprochez ma tiédeur, la crainte des fagots est très rafraîchissante... Le temps fera distinguer ce que nous avons pensé de ce que nous avons dit. Je crois que le seul parti à prendre pour un philosophe ne pouvant s’expatrier est de céder en partie à cet abominable torrent, de ne dire que le quart de la vérité, s’il y a trop de danger à la dire tout entière.
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